Dans un rapport transmis à Mines.cd, Ivanhoe Mines a publié, ce 6 mai 2026, ses résultats du premier trimestre. Malgré une légère perte comptable liée à des ajustements fiscaux, le groupe minier canadien affiche des performances opérationnelles solides, portées par une baisse des coûts de production et une stratégie d’intégration verticale de plus en plus affirmée.
Kamoa-Kakula confirme sa montée en puissance
Le complexe minier de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, continue de s’imposer comme l’un des projets cuprifères les plus performants au monde. Le coût de production (C1) y a atteint 2,58 dollars par livre de cuivre, un niveau inférieur aux prévisions initiales fixées entre 2,60 et 3 dollars.
Selon l’entreprise, cette performance s’explique notamment par la mise en service de la fonderie sur site, qui permet désormais de transformer localement une partie de la production et de réduire les coûts logistiques.
Dans ce rapport, Robert Friedland a particulièrement insisté sur un avantage stratégique majeur : la production d’acide sulfurique, sous-produit issu des activités de la fonderie.
Avec des prix atteignant actuellement 725 dollars la tonne, cet intrant essentiel pour l’industrie minière génère près d’un million de dollars de revenus par jour, selon l’entreprise. Une manne financière qui permet de compenser l’augmentation des coûts liés notamment au carburant et aux contraintes logistiques.
Le pari du solaire face aux défis énergétiques
Pour renforcer son autonomie énergétique dans un environnement marqué par des fragilités infrastructurelles, Ivanhoe accélère également sa transition vers les énergies renouvelables.
À Kamoa-Kakula, une centrale solaire de 60 mégawatts, accompagnée d’un système de stockage par batteries, doit entrer en service dès juillet 2026. Présenté comme le plus grand projet solaire hybride de ce type en Afrique, il devrait atteindre une capacité de 120 mégawatts d’ici fin 2027.
Dans la mine de Kipushi, un autre projet solaire de 10 mégawatts en charge de base est également en préparation.
Kipushi et Platreef soutiennent la croissance du groupe
Les résultats publiés mettent également en avant les performances de Kipushi, où la production trimestrielle a atteint un record de 65 044 tonnes de zinc. Avec un coût C1 estimé à 0,86 dollar par livre, la mine confirme son statut parmi les exploitations de zinc à très haute teneur les plus compétitives au monde.
En Afrique du Sud, le projet Platreef poursuit également sa progression. L’achèvement du puits numéro 3 marque une étape importante dans le développement du site, avec une capacité de levage désormais multipliée par cinq. Selon Ivanhoe, cette avancée doit permettre de quadrupler la production de métaux précieux et de platinoïdes d’ici fin 2027.
L’exploration au cœur de la stratégie
Le groupe entend aussi renforcer ses efforts d’exploration. Son budget 2026 a été revu à la hausse pour atteindre 127 millions de dollars.
L’attention se concentre particulièrement sur le district de Makoko, dans les Western Forelands, où de nouvelles découvertes laissent entrevoir l’émergence d’un potentiel nouveau géant cuprifère situé à seulement huit kilomètres des gisements actuels de Kamoa-Kakula.
Des fondamentaux jugés solides malgré une perte comptable
Bien que le groupe affiche une perte nette d’environ 2 millions de dollars au premier trimestre — principalement liée à un règlement fiscal exceptionnel de 183 millions de dollars — Ivanhoe estime que ses fondamentaux restent particulièrement solides.
L’entreprise mise notamment sur la réduction des coûts logistiques grâce à l’exportation d’anodes de cuivre pur à 99,7 % via le Corridor de Lobito, plutôt que des concentrés classiques.
Cette stratégie, combinée à la hausse durable des prix du cuivre sur les marchés internationaux, place désormais le groupe dans une position favorable pour renforcer sa rentabilité et consolider sa présence dans le secteur minier africain.
Daniel Bawuna




