À l’initiative de la République démocratique du Congo (RDC), qui assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies durant le mois de juillet, une réunion en formule Arria s’est tenue lundi 13 juillet 2026 à New York, sur les liens entre les ressources naturelles et les conflits armés. Les participants ont notamment examiné les limites du cadre juridique international destiné à empêcher que l’exploitation et le commerce des minerais ne financent les groupes armés.
S’exprimant au nom de la France, l’ambassadeur Jérôme Bonnafont a plaidé pour un renforcement de la coopération internationale afin de mieux encadrer les chaînes d’approvisionnement en minerais provenant des zones à risque.
Selon le diplomate français, les États, les organisations internationales et les entreprises doivent agir de manière coordonnée pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et assécher les sources de financement des groupes armés.
Des règles européennes déjà en vigueur
Jérôme Bonnafont a rappelé que l’Union européenne applique déjà un mécanisme de devoir de diligence, qui oblige les importateurs d’étain, de tantale, de tungstène et d’or provenant de zones de conflit ou à haut risque à vérifier l’origine de ces minerais avant leur mise sur le marché.
Il a également annoncé l’adoption de nouvelles mesures européennes interdisant l’importation d’or en provenance du Soudan et visant les réseaux impliqués dans le trafic de ce métal précieux.
Sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques
Face à l’importance stratégique croissante des minerais critiques pour les transitions énergétique et numérique, la France a réaffirmé son engagement en faveur de chaînes d’approvisionnement plus sûres, plus transparentes et plus responsables.
Le représentant français a notamment mis en avant l’Alliance pour la résilience et la production des minerais critiques, lancée à Évian avec les partenaires du G7, qui vise à renforcer la sécurité des approvisionnements tout en encourageant des pratiques respectueuses des normes environnementales, sociales et de gouvernance.
Renforcer les sanctions et les mécanismes de gouvernance
Au cours des échanges, Jérôme Bonnafont a également invité le Conseil de sécurité à recourir davantage aux mécanismes de sanctions contre les personnes et entités impliquées dans le pillage des ressources naturelles. Il a insisté sur la nécessité d’appliquer de manière rigoureuse les dispositifs internationaux de traçabilité afin de rompre les circuits de financement des groupes armés.
La France a enfin réaffirmé son soutien aux principales initiatives internationales en matière de gouvernance des ressources naturelles, notamment le Processus de Kimberley, les travaux de l’OCDE sur le devoir de diligence, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) ainsi que les mécanismes mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Ces prises de position interviennent dans un contexte où la lutte contre le commerce illicite des minerais s’impose de plus en plus comme un enjeu majeur de paix, de sécurité et de développement durable, en particulier dans la région des Grands Lacs.
Pierre Kabakila




