La République démocratique du Congo pourrait franchir un nouveau cap économique dès 2026. Selon les projections du Fonds monétaire international, relayées jeudi par la Banque centrale du Congo, le produit intérieur brut (PIB) nominal du pays passerait de 92,83 milliards USD en 2025 à 123,41 milliards USD en 2026, soit une progression estimée à 32,9 %.
D’après la Banque centrale du Congo, cette dynamique serait portée en priorité par les secteurs extractifs, notamment le cuivre et le cobalt, deux piliers majeurs de l’économie congolaise.
La croissance attendue s’appuierait également sur : les télécommunications ; la construction ; les services ; les investissements liés aux infrastructures.
Cette diversification relative traduit une économie encore dominée par les mines, mais progressivement soutenue par d’autres segments productifs.
Une croissance réelle de 5,9 %
Sur le plan réel, c’est-à-dire corrigé de l’inflation, le Fonds monétaire international table sur une croissance de 5,9 % en 2026.
Cette performance demeure solide, même si elle reste nettement inférieure à la hausse du PIB exprimé en dollars. L’écart s’explique principalement par des facteurs nominaux, notamment : l’évolution du taux de change ; la variation des prix ; la valorisation accrue de la production exportée.
Le franc congolais en soutien
La récente stabilité du franc congolais face au dollar constitue l’un des éléments clés de cette amélioration. Entre septembre et octobre 2025, la monnaie nationale s’est appréciée de manière notable, passant d’environ 2 850 CDF pour un dollar à près de 2 100 CDF.
Les autorités monétaires attribuent cette évolution aux mesures de régulation mises en œuvre sous l’impulsion du gouverneur André Wameso.
Opportunité historique, mais vigilance requise
Cette embellie macroéconomique pourrait renforcer la confiance des investisseurs et améliorer l’image financière du pays. Toutefois, plusieurs fragilités demeurent :
forte dépendance aux cours du cuivre et du cobalt ; exposition aux chocs extérieurs ; faiblesse de la transformation locale ; besoins persistants en infrastructures et en emploi.
Le vrai défi : transformer la croissance en développement
Pour la RDC, l’enjeu dépasse désormais la seule hausse du PIB. Le véritable test sera de convertir cette richesse potentielle en emplois, industrialisation, recettes publiques durables et amélioration du niveau de vie des populations.
Autrement dit, faire du boom minier une prospérité nationale durable plutôt qu’une simple performance statistique.
Pierre Kabakila




