La République démocratique du Congo entend reprendre pleinement le contrôle de la connaissance de son sous-sol. À travers le Service Géologique National du Congo (SGN-C), deux projets majeurs destinés à renforcer l’exploration minière et la cartographie géologique du pays : la cartographie géophysique aéroportée à grande échelle et les études géologiques régionales du bloc Katanga 1A, ont été présentés.
Dévoilés lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 15 juin 2026 au Golf Club, ces programmes s’inscrivent dans la vision nationale de valorisation des ressources naturelles et de préparation de l’avenir minier du pays, à l’heure où la demande mondiale en minerais stratégiques ne cesse de croître.
Mieux connaître le sous-sol pour mieux le valoriser
Face aux professionnels des médias, le Directeur général du SGN-C, Raoul Wazenga Vitima, a souligné l’importance de ces projets financés entièrement par le gouvernement congolais.
Selon lui, cette rencontre avec la presse visait à informer l’opinion sur l’évolution de projets considérés comme prioritaires par les autorités nationales.
« Notre présence à Lubumbashi, c’était de pouvoir communier avec la presse pour présenter les projets qui sont sous financement de l’État congolais, notamment le projet d’exploration dans le bloc Katanga 1A et le projet de géophysique aéroportée qui va couvrir une grande partie du territoire national », a-t-il déclaré.
Le patron du SGN-C a insisté sur le devoir de redevabilité de son institution, estimant que la population congolaise doit être régulièrement informée de l’état d’avancement des programmes stratégiques financés par les ressources publiques.
Une couverture géologique sans précédent

Le projet de géophysique aéroportée constitue l’une des initiatives les plus ambitieuses jamais engagées dans le domaine de la cartographie du sous-sol congolais.
Les travaux débuteront dans l’espace Katanga avant de s’étendre progressivement vers les provinces du Kasaï, du Kwango et du Kongo-Central. Cette campagne permettra de collecter des données géophysiques modernes sur des zones encore peu documentées, offrant ainsi aux décideurs et aux investisseurs une meilleure compréhension du potentiel minéral du pays.
Pour le DG Raoul Wazenga Vitima, cette démarche permettra également de réduire la dépendance de la RDC aux données géologiques produites à l’époque coloniale ou par des opérateurs étrangers.
Katanga 1A : à la recherche des gisements de demain
L’autre projet phare concerne le bloc Katanga 1A, situé au cœur de la Ceinture cuprifère d’Afrique centrale, l’une des régions les plus riches au monde en cuivre et en cobalt.
Les études engagées visent à identifier et certifier de nouveaux gisements susceptibles de soutenir la production minière nationale sur le long terme.
Pour Raoul Wazenga Vitima, cette initiative répond à une réalité de plus en plus visible dans les provinces minières du Haut-Katanga et du Lualaba.
« Au niveau du Katanga, actuellement, nous constatons que les anciennes mines sont en train de s’épuiser. Il est donc nécessaire de faire de la recherche pour découvrir de nouveaux gisements afin que la RDC puisse répondre au grand rendez-vous de la transition énergétique », a-t-il expliqué.
Des opportunités pour les jeunes et l’économie nationale
Au-delà de la dimension scientifique, le Directeur général du SGN-C estime que ces programmes auront un impact direct sur l’emploi et le développement économique.
La découverte de nouveaux gisements pourrait attirer davantage d’investissements dans le secteur minier et créer des milliers d’emplois pour les jeunes diplômés congolais, notamment dans les domaines de la géologie, de l’ingénierie minière et des services techniques.
« Lorsqu’il y aura la découverte de nouveaux gisements, cela va donner de l’emploi à nos jeunes dans le Haut-Katanga, le Lualaba et dans d’autres provinces », a affirmé le DG du SGN-C.
Un projet porté au plus haut niveau de l’État
Le SGN-C souligne que ces initiatives bénéficient d’un soutien direct des plus hautes autorités du pays. Selon Raoul Wazenga Vitima, le président de la République, Félix Tshisekedi, a fait de la connaissance du sous-sol et de la relance de l’exploration minière un axe majeur de sa politique de développement.
Dans un contexte marqué par la transition énergétique mondiale et la demande croissante en métaux critiques, la RDC entend ainsi consolider sa position de puissance minière incontournable tout en renforçant sa souveraineté sur ses ressources naturelles.
À travers ces projets de cartographie et d’exploration, le pays se dote progressivement des outils scientifiques nécessaires pour transformer son immense potentiel géologique en levier durable de croissance économique et de développement.
Junior Ngandu




