Plus de 200 civils enlevés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans des sites miniers de la chefferie des Babila Babombi, en territoire de Mambasa (Ituri), ont retrouvé la liberté à la faveur d’une opération des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette libération intervient après près d’un mois de captivité, au cours de laquelle plusieurs otages auraient été contraints de travailler dans l’exploitation artisanale de l’or.
Une offensive militaire qui change la donne
Les victimes avaient été capturées le 29 juin 2026 lors des attaques menées par les ADF contre le carré minier de Pangoyi et le village TP. Depuis, elles étaient retenues dans la zone de Munguiko (Kanzambu), où les rebelles maintenaient leur emprise.
Le 28 juillet, les FARDC ont lancé un assaut contre une position des ADF. Selon plusieurs rescapés, les affrontements ont semé la confusion dans les rangs des rebelles, offrant aux captifs une occasion de s’échapper.
Après avoir parcouru plusieurs kilomètres à travers la forêt, les anciens otages ont progressivement rejoint des localités sécurisées.
Des civils utilisés comme main-d’œuvre dans les mines
La libération de ces captifs met une nouvelle fois en lumière les liens entre l’insécurité et l’exploitation illégale des ressources naturelles dans l’est de la RDC.
D’après les témoignages recueillis sur place, plusieurs otages auraient été contraints de travailler dans des carrés miniers contrôlés par les ADF afin d’extraire de l’or. Les revenus tirés de cette exploitation illicite constitueraient une source de financement pour les activités du groupe armé.
Cette réalité alimente depuis plusieurs années les préoccupations des autorités et des organisations de la société civile quant au rôle de l’économie minière dans le financement des conflits armés en Ituri et au Nord-Kivu.
Un appel à éviter toute justice populaire
La libération des captifs a été confirmée par Zephani Kataliko, acteur de la société civile et défenseur des droits humains dans la chefferie des Babila Babombi.
Tout en saluant l’intervention des FARDC, il appelle les communautés locales à faire preuve de vigilance et de retenue à l’égard des rescapés.
Selon lui, ces civils, affaiblis par plusieurs semaines de captivité, risquent d’être confondus avec leurs ravisseurs dans un contexte où la méfiance demeure forte. Il invite les habitants à éviter tout acte de justice populaire et à conduire systématiquement les personnes retrouvées auprès des autorités civiles et militaires afin de faciliter leur identification, leur prise en charge et leur accompagnement.
Une région toujours sous pression
Cette libération constitue un soulagement pour de nombreuses familles, mais elle rappelle également la persistance de l’insécurité dans les zones minières de Mambasa. Les incursions répétées des ADF continuent d’affecter les populations civiles, tout en fragilisant les activités économiques et l’exploitation légale des ressources naturelles.
Alors que les opérations militaires se poursuivent dans cette partie de l’Ituri, les autorités sont appelées à renforcer durablement la sécurisation des sites miniers afin d’empêcher leur exploitation par les groupes armés et de protéger les communautés locales.
Azarias Mokonzi




