Une nouvelle étape a été franchie dans la réforme du secteur minier en République démocratique du Congo. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a lancé ce jeudi 16 juillet 2026, la première Zone d’exploitation artisanale (ZEA) pilote viable du pays, à Kasulo, dans la province du Lualaba. Cette initiative s’inscrit dans la politique du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, qui vise à mieux organiser et formaliser l’exploitation minière artisanale.
La cérémonie a été conduite par le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo, représentant le ministre des Mines. Elle s’est déroulée en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, des autorités provinciales, des services techniques de l’État ainsi que des représentants des coopératives minières.
Plus de 5 000 creuseurs relocalisés
La ZEA 786 est destinée à accueillir plus de 5 000 exploitants miniers artisanaux qui exerçaient auparavant leurs activités de manière illégale sur le site T17, situé dans le périmètre de Kamoto Copper Company (KCC).
Ces exploitants ont été relocalisés vers une zone spécialement aménagée, où ils pourront désormais travailler dans un cadre légal, sécurisé et conforme aux dispositions du Code minier.
Selon le gouvernement, cette ZEA pilote poursuit plusieurs objectifs : formaliser l’exploitation artisanale afin d’améliorer la sécurité des travailleurs, réduire les conflits entre exploitants artisanaux et titulaires de permis miniers industriels, renforcer la traçabilité des minerais et offrir un meilleur encadrement technique à travers les coopératives, les formations et les mécanismes de contrôle.
Une réforme aux enjeux multiples
Pour les autorités, la création de cette zone constitue une avancée importante dans la gouvernance du secteur minier, particulièrement dans une province qui joue un rôle central dans la production nationale de cuivre et de cobalt.
En encadrant davantage les activités artisanales, le gouvernement espère lutter contre l’exploitation illicite, améliorer les conditions de travail des creuseurs et renforcer le respect des normes environnementales et sociales.
La réussite de cette expérience pilote dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment la capacité des pouvoirs publics à assurer un accompagnement technique durable, à faciliter l’accès des coopératives aux financements et aux marchés, ainsi qu’à maintenir un dialogue permanent entre exploitants artisanaux, communautés locales et sociétés minières industrielles.
La mise en place de mécanismes efficaces de suivi, de formation et d’accompagnement social sera déterminante pour faire de la ZEA 786 un modèle reproductible dans d’autres provinces minières de la République démocratique du Congo.
Daniel Bawuna




