Le député national Thierry Mulumba Mpandanjila a réaffirmé son plaidoyer en faveur de la transformation locale des ressources minières, estimant que la République démocratique du Congo doit dépasser son statut de simple exportateur de matières premières pour devenir un acteur majeur des chaînes de valeur mondiales.
L’élu est intervenu, mardi 14 juillet 2026, à l’hôtel Hilton de Kinshasa, lors de l’atelier d’appropriation de la Stratégie nationale relative aux substances minérales critiques et vitales, organisé par la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), en présence de représentants du gouvernement, d’acteurs du secteur minier, du secteur privé et de la société civile.
La « Loi Mpandanjila » au cœur des échanges
Invité à présenter sa proposition de loi sur la transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales, communément appelée « Loi Mpandanjila », Thierry Mulumba a replacé le débat dans le contexte des transitions énergétique et numérique, ainsi que de la compétition géopolitique mondiale autour des minerais critiques.
Il a rappelé que son texte définit les minéraux critiques et stratégiques selon plusieurs critères, notamment leur caractère indispensable aux technologies de pointe, leur importance économique, la concentration de leur production dans quelques pays producteurs et les risques de rupture d’approvisionnement pour les pays consommateurs.
Selon lui, cette classification constitue un levier essentiel pour renforcer le positionnement économique et géostratégique de la RDC sur la scène internationale.
Rompre avec le modèle exclusivement extractif
Le député a souligné que la RDC dispose d’importantes réserves de cobalt, de cuivre, de lithium, de nickel, de coltan et de terres rares, mais continue de capter une part limitée de la valeur créée par l’exploitation de ces ressources.
À ses yeux, cette situation impose un changement de paradigme en faveur de l’industrialisation du secteur minier à travers la transformation locale des minerais et le développement de chaînes de valeur nationales.
Thierry Mulumba a salué, à cet égard, l’initiative de la CTCPM d’intégrer cette orientation dans la stratégie nationale consacrée aux substances minérales critiques et vitales, estimant qu’elle rejoint les objectifs poursuivis par sa proposition de loi.
Un cadre juridique pour soutenir l’industrialisation
Le parlementaire estime que son initiative législative permettra de combler le vide juridique entourant la phase post-extractive des minerais.
Selon lui, ce cadre favorisera l’essor de l’industrie minière, attirera davantage d’investissements, encouragera la création d’emplois qualifiés, renforcera la souveraineté économique et minérale de la RDC et améliorera son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Les minerais au cœur des enjeux géopolitiques
Au cours des échanges, Thierry Mulumba a également insisté sur la dimension géopolitique des ressources minières. Il a estimé que certains minerais, à l’image du coltan, revêtent désormais une importance stratégique qui dépasse le seul cadre économique.
Dans ce contexte, il a dénoncé la guerre qui affecte l’est de la République démocratique du Congo, qu’il attribue au Rwanda et à ses alliés, estimant que les ressources minières figurent parmi les principaux enjeux de ce conflit.
Enfin, le député national a salué l’approche diplomatique du président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme fondée sur la défense des intérêts économiques et industriels de la RDC, évoquant notamment les accords de partenariat stratégique conclus entre la RDC et les États-Unis.
Daniel Bawuna




