Une nouvelle tragédie secoue le secteur minier artisanal dans l’est de la République démocratique du Congo. Un violent éboulement survenu le 3 mars 2026 dans le site artisanal de Rubaya, situé dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, a causé la mort de plus de 200 personnes, selon un communiqué officiel du ministère des Mines.
Le drame s’est produit dans une zone actuellement sous contrôle de la rébellion Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, ce qui complique considérablement les opérations de secours et l’accès aux sites touchés.
Des pluies diluviennes à l’origine du drame
D’après le communiqué gouvernemental, l’éboulement serait consécutif à de fortes pluies qui ont provoqué un important glissement de terrain, ensevelissant plusieurs galeries exploitées par des mineurs artisanaux.
« Un éboulement d’une extrême gravité s’est produit encore une fois le 3 mars 2026 sur les sites miniers de Rubaya », précise le document officiel.
Pris au piège dans la boue et les débris, de nombreux exploitants n’ont pas pu être secourus à temps, ce qui explique la lourdeur du bilan humain.
Un bilan humain particulièrement dramatique
Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de :
Plus de 200 personnes décédées ;
Environ 70 enfants mineurs parmi les victimes ;
Plusieurs blessés évacués vers des structures sanitaires à Goma.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement déplore les conditions d’exploitation extrêmement précaires qui prévalent dans ces zones échappant au contrôle effectif de l’État.
Une exploitation sans encadrement officiel
Selon le ministère des Mines, l’absence des services publics chargés de l’encadrement du secteur minier artisanal constitue l’un des facteurs aggravants de cette catastrophe.
Le communiqué souligne notamment que « l’absence forcée du Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE) et des services de régulation, du fait de l’agression, prive les artisans miniers de tout encadrement sécuritaire élémentaire ».
Rubaya classée « zone rouge » par le gouvernement
Le gouvernement rappelle avoir déjà pris des mesures préventives face aux risques sécuritaires et humanitaires dans cette zone.
Par l’arrêté ministériel n°00031 du 12 février 2025, prorogé le 3 novembre 2025, le site minier de Rubaya a été reclassé « zone rouge », conformément aux normes de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et aux directives de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit.
Ce statut interdit formellement toute extraction et toute commercialisation de minerais dans cette zone.
« Les minerais issus de cette zone sont entachés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés », rappelle le ministère.
Les engagements du gouvernement après la catastrophe
Face à cette tragédie, le gouvernement congolais annonce plusieurs mesures :
Un suivi humanitaire assuré par la division du ministère des Mines basée à Beni, chargée de surveiller l’évolution des opérations de secours et de soutenir les initiatives de protection des enfants ;
La restauration de l’autorité de l’État dans la zone afin de mettre fin à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources minières ;
Un engagement de transparence, avec la promesse de communiquer régulièrement sur l’identification des victimes.
Les condoléances du gouvernement
Dans ce contexte dramatique, les autorités congolaises ont exprimé leur solidarité envers les familles endeuillées.
« Le ministère des Mines présente, au nom du gouvernement, ses condoléances les plus sincères aux familles éprouvées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation », indique le communiqué signé à Kinshasa le 4 mars 2026 par le directeur de cabinet du ministre des Mines, le professeur Michel Kaswa-Kayomo.
Cette catastrophe remet une fois de plus en lumière les dangers auxquels sont exposés les mineurs artisanaux dans les zones de conflit de l’est de la RDC, où l’exploitation des ressources naturelles se poursuit souvent dans des conditions extrêmement précaires et risquées.
Azarias Mokonzi




