À Kinshasa, la 2ᵉ édition du « Mining Morning » a servi de cadre à un échange de haut niveau entre monde académique et secteur minier. Invité par le Café Juridique de l’Université Catholique au Congo, le Directeur général du Cadastre Minier, Popol Mabolia Yenga, a éclairé les étudiants sur les enjeux de l’accord stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, au croisement des questions de souveraineté, de transparence et de sécurité.
Une pédagogie tournée vers la jeunesse

Devant un public composé d’étudiants et de professionnels, le patron du CAMI a insisté sur la nécessité de rapprocher les institutions publiques du monde académique.
« Nous allons à la rencontre des étudiants pour échanger, approfondir les connaissances et partager notre expertise », a-t-il déclaré.
Dans un secteur en pleine mutation, marqué par l’essor des technologies, il a appelé les jeunes à anticiper les besoins futurs du marché : « L’évolution se tourne vers la technicité et la haute technologie (…) les étudiants doivent anticiper les domaines prisés dans les cinq prochaines années. »
Un message fort dans un contexte où la RDC cherche à combler son déficit en ingénieurs et experts qualifiés.
Accord USA–RDC : une logique différente des partenariats passés

Au cœur de son intervention, l’analyse de l’accord conclu avec les États-Unis. Pour Popol Mabolia Yenga, ce partenariat se distingue clairement des précédents engagements internationaux, notamment de l’accord sino-congolais de 2014.
« Celui-ci visait la modernisation des infrastructures (…) face à un constat d’obsolescence », a-t-il rappelé.
À l’inverse, l’accord avec Washington s’inscrit dans une dynamique sécuritaire et géostratégique :
« Nous sommes en guerre (…) une opportunité se présente grâce aux minerais stratégiques que nous possédons», a-t-il indiqué.
Selon lui, ce nouveau cadre repose sur une meilleure maîtrise des enjeux, fruit de l’expérience acquise lors des précédentes négociations.
Souveraineté et capacité de négociation

Face aux critiques évoquant un possible bradage des ressources minières, le Directeur général du CAMI a défendu la position congolaise.
« Nous ne nous présentons pas comme des ignorants (…) sur le plan intellectuel, nous rivalisons », a-t-il affirmé.
Il a insisté sur le fait que les partenariats en cours reposent sur des opportunités d’investissement et non sur une cession des ressources nationales.
Pour illustrer cette approche, il a cité le cas de la société américaine KoBold Metals :
« La compagnie a sollicité des permis dans des zones libres et s’est soumise à la législation congolaise en vigueur, sans traitement de faveur. »
Transparence et modernisation du CAMI

Le DG du CAMI a également mis en avant les efforts de transparence entrepris par son institution, notamment à travers la digitalisation des données minières accessibles au public.
Une démarche qui vise à renforcer la crédibilité du secteur et à rassurer les investisseurs, tout en garantissant une meilleure gouvernance des titres miniers.
Un dialogue entre savoir et stratégie nationale
Au-delà des aspects techniques, cette rencontre a permis d’ouvrir un espace de dialogue entre étudiants, experts et décideurs, dans un secteur clé pour l’économie congolaise.
À travers cet échange, le message est clair : la gouvernance minière de demain dépendra autant des choix stratégiques de l’État que de la préparation d’une nouvelle génération de professionnels capables de porter cette ambition.
Daniel Bawuna




