L’ancien directeur général de la Société des Mines de Kilo-Moto (Sokimo), Pistis Bonongo, a été reconnu coupable de faute de gestion par la Cour des comptes de la République démocratique du Congo. Cette décision intervient après son éviction par ordonnance présidentielle et fait suite à une enquête portant sur la non-transmission, dans les délais légaux, des états financiers des exercices 2022 et 2023.
Siégeant en audience, la juridiction financière a condamné l’ex-dirigeant au paiement d’une amende de 84 000 dollars américains, payable en francs congolais, ainsi qu’aux frais de justice.
Un manquement à l’obligation de reddition des comptes
La législation en vigueur impose aux entreprises publiques de transmettre leurs états financiers à la Cour des comptes de la République démocratique du Congo dans un délai de trois mois après leur adoption en assemblée générale.
Dans cette affaire, la juridiction a établi que Pistis Bonongo n’a pas respecté cette obligation pour les exercices 2022 et 2023, en violation des dispositions relatives aux finances publiques et à la gestion des entreprises du portefeuille de l’État.
Cette condamnation intervient dans un contexte marqué par le renforcement des mécanismes de contrôle dans le secteur minier en République démocratique du Congo, où les autorités multiplient audits et évaluations.
Une ligne de défense jugée peu convaincante
Lors de l’audience du 25 février 2026, l’ancien directeur général a rejeté toute intention de dissimulation, évoquant une méconnaissance des obligations légales.
« Je ne savais pas que la Cour des comptes pouvait auditer jusqu’aux états financiers (…) j’étais ignorant de cette obligation », avait-il déclaré.
Un argument qui n’a pas convaincu la juridiction, au regard des responsabilités inhérentes à la direction d’une entreprise publique stratégique.
Un signal fort pour la gouvernance du secteur minier
Au-delà du cas individuel, cette décision est perçue comme un signal fort en matière de gouvernance financière. Dans un contexte où l’État cherche à maximiser les recettes issues du secteur extractif et à lutter contre les pertes de revenus, la rigueur dans la gestion des entreprises publiques s’impose comme une exigence incontournable.
La Cour des comptes de la République démocratique du Congo pourrait, en outre, recommander des mesures complémentaires, allant jusqu’à l’inéligibilité à certaines fonctions ou à l’ouverture de poursuites pénales.
Vers un tournant dans la discipline financière
Cette condamnation met en lumière les défis persistants liés à la culture de reddition des comptes dans les entreprises publiques minières. Elle pourrait marquer un tournant dans l’application des règles de discipline budgétaire et financière au sein du portefeuille de l’État.
Dans un environnement international de plus en plus exigeant en matière de gouvernance, la République démocratique du Congo joue également sa crédibilité auprès de ses partenaires. La rigueur financière apparaît désormais comme un impératif, tant pour sécuriser les recettes publiques que pour restaurer la confiance dans la gestion des ressources naturelles.
Dan Bawuna




