Des étudiants issus de dix universités congolaises ont pris part, ce samedi 9 mai 2026 au Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique centrale à Kinshasa, à la première demi-finale du concours interuniversitaire national Mpandanjila. Organisée autour de la proposition de loi-cadre sur la transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales en RDC, cette initiative portée par le député national Thierry Mulumba Mpandanjila ambitionne de placer la jeunesse universitaire au cœur de la réflexion sur l’industrialisation du pays.
Thierry Mulumba : « La RDC doit devenir une puissance industrielle et intellectuelle »
Initiateur de cette proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 25 octobre 2025 et alignée à la session ordinaire de mars, le député national Thierry Mulumba Mpandanjila a livré un discours centré sur la souveraineté économique et la transformation locale des minerais stratégiques.
« Pendant longtemps, la RDC a été regardée comme un scandale géologique. Nous voulons désormais qu’elle devienne une puissance industrielle et intellectuelle », a-t-il déclaré.
Face aux enjeux mondiaux liés au cobalt, au cuivre ou encore au lithium, l’élu estime que la RDC ne peut plus se contenter d’exporter ses minerais à l’état brut pendant que d’autres pays captent l’essentiel de la valeur ajoutée.
« La RDC doit-elle continuer à exporter ses minerais à l’état brut pendant que d’autres pays les transforment et prospèrent grâce à nos ressources naturelles ? Notre réponse est non », a-t-il insisté.
Pour Thierry Mulumba Mpandanjila, ce concours dépasse le simple cadre académique. Il constitue un espace de dialogue entre le monde scientifique et le monde politique, destiné à encourager les étudiants à proposer des solutions concrètes aux défis du développement national.
Des étudiants invités à penser l’avenir industriel du Congo

Au total, dix universités ont participé à cette première demi-finale à travers des projets axés sur la transformation locale des minerais, la création d’industries et le positionnement stratégique de la RDC dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Face au jury, les étudiants ont défendu leurs analyses économiques, leurs scénarios de croissance ainsi que leurs propositions industrielles liées à la valorisation locale des ressources minières.
Le professeur Jean-Paul Tsasa, coordonnateur du concours, a précisé que l’initiative se déroulera en trois phases, avec une deuxième demi-finale prévue en août 2026, avant la grande finale d’octobre.
Il a également insisté sur la nécessité de transformer les ressources naturelles en richesse nationale à travers la discipline, le travail scientifique et l’intelligence de la jeunesse congolaise.
Gouvernement et experts saluent l’initiative

Intervenant à son tour, le ministre de l’Industrie ad intérim et ministre de l’Entrepreneuriat, Justin Kalumba, a salué une initiative qui, selon lui, s’attaque directement à la dépendance de l’Afrique aux exportations de matières premières brutes.
« On nous a sectorisés : notre rôle, c’est de fournir du brut, alors que l’économie, c’est l’économie du savoir. Ajouter de l’intelligence à ce qu’on a, c’est industrialiser », a-t-il déclaré.
De son côté, la ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique, Grâce Kutino, a appelé les jeunes à devenir des acteurs majeurs de la transformation économique du pays.
« Transformer localement nos minerais n’est pas une mission technique, c’est une décision de souveraineté », a-t-elle affirmé, avant d’encourager les jeunes à investir des secteurs stratégiques tels que l’ingénierie, l’énergie et l’industrie numérique.
Critères d’évaluation et premiers résultats
Le président du jury, le professeur et député national Godé Mpoyi Kadima, avait fixé cinq critères d’évaluation : la rigueur analytique et scientifique, la faisabilité économique et financière, l’impact social et la création d’emplois, la qualité de l’exposé, ainsi que la viabilité politique et l’originalité des projets.
À l’issue des délibérations, les résultats ont été proclamés du moins bien classé au mieux classé. L’Université officielle de Mbuji-Mayi s’est imposée en tête de cette première demi-finale avec 85,4 %, devant l’Université protestante au Congo et l’Université de Lubumbashi.
Les établissements moins bien classés auront toutefois l’occasion d’améliorer leurs projets avant la grande finale prévue en octobre prochain.
À travers cette initiative, le député national Thierry Mulumba Mpandanjila entend contribuer à l’émergence d’un véritable vivier national de compétences capables d’accompagner la RDC dans sa volonté de transformer localement ses ressources minières et de renforcer sa souveraineté économique.
Daniel Bawuna




