La production de cuivre en République démocratique du Congo pourrait subir un choc majeur en 2026. Jusqu’à 125 000 tonnes seraient menacées si les perturbations persistantes dans l’approvisionnement en acide sulfurique ne sont pas résorbées, selon une analyse de Goldman Sachs citée par Jeune Afrique.
Dans un contexte de forte tension, le cuivre s’échange actuellement autour de 12 300 dollars la tonne, un niveau élevé qui reflète à la fois la demande mondiale soutenue et les incertitudes pesant sur l’offre.
À l’origine de cette situation, un déséquilibre global affectant les intrants chimiques essentiels à l’extraction. Environ 20 % de la production mondiale de cuivre dépend de l’acide sulfurique pour le traitement des minerais oxydés, un procédé aujourd’hui fragilisé par la raréfaction du soufre et de ses dérivés.
Les chiffres récents traduisent l’ampleur de la contraction. Au premier trimestre 2026, les importations mondiales de soufre ont reculé, passant de 414 000 tonnes à 368 500 tonnes, tandis que celles d’acide sulfurique se sont effondrées de 113 000 à seulement 29 200 tonnes. Cette chute brutale des flux alimente une pression accrue sur les marchés.
La situation s’est encore durcie avec la décision de la Chine, qui assure près de 45 % de la production mondiale d’acide sulfurique, de suspendre ses exportations depuis début mai afin de privilégier son marché intérieur. Cette orientation a provoqué une flambée des prix, avec des hausses comprises entre 50 % et 100 % pour l’acide sulfurique, et d’environ 70 % pour le métabisulfite de sodium.
En RDC, cette crise internationale intervient dans un environnement déjà contraint pour le secteur minier. Pour atténuer les risques, le complexe de Kamoa-Kakula, situé dans la province du Lualaba, accélère le développement de sa propre production d’acide sulfurique. Celle-ci est estimée à environ 1 350 tonnes par jour, soit près de 480 000 tonnes par an, avec une capacité pouvant atteindre 700 000 tonnes à terme.
Malgré ces efforts d’intégration locale, la dépendance aux intrants importés reste un défi structurel. Si la crise venait à se prolonger, elle pourrait non seulement affecter les volumes de production, mais aussi fragiliser les recettes d’exportation d’un secteur clé pour l’économie congolaise.
Pierre Kabakila




