Le gouvernement congolais a tenu à dissiper les inquiétudes suscitées par la suspension temporaire des activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda, au Sud-Kivu. Dans un communiqué officiel signé le 26 mai 2026, le ministère des Mines précise que cette mesure cible principalement les activités minières illicites et certaines opérations industrielles jugées préjudiciables à la sécurité nationale.
Cette mise au point intervient quelques jours après l’arrêté ministériel du 22 mai 2026, annonçant la suspension des activités minières pour une durée de trois mois dans ces deux territoires, une décision qui avait suscité diverses interprétations au sein des communautés minières locales.
Une mesure contre les activités illicites
Selon le ministère des Mines, cette suspension poursuit plusieurs objectifs stratégiques, notamment : mettre fin au financement des réseaux de déstabilisation ; restaurer l’ordre public dans les zones concernées ; ainsi que renforcer la transparence et la traçabilité dans l’exploitation des ressources minières.
Le gouvernement estime que certaines activités minières irrégulières contribuent à alimenter l’insécurité dans cette partie de l’Est du pays, notamment à travers des circuits illégaux d’exploitation et de commercialisation des minerais.
Les exploitants artisanaux non concernés
Face aux inquiétudes exprimées sur le terrain, le cabinet du ministre des Mines a tenu à clarifier que l’exploitation minière artisanale exercée légalement par les Congolais n’est pas concernée par cette mesure.
Dans son communiqué, le ministère insiste sur le fait que les activités artisanales régulières « continuent à s’exercer librement », contrairement aux opérations minières illicites ou industrielles visées par les restrictions.
Cette précision vise à rassurer les milliers de creuseurs artisanaux dont les activités constituent une source essentielle de revenus dans ces territoires à forte vocation minière.
Une clarification recommandée après une mission d’enquête
Le ministère indique par ailleurs qu’une mission d’investigation menée par l’Inspection générale des Mines (IGM) a recommandé de préciser le champ d’application de l’arrêté afin d’éviter toute confusion dans sa mise en œuvre.
Cette démarche vise à garantir une application plus rigoureuse de la décision gouvernementale et à prévenir d’éventuels abus ou interprétations erronées sur le terrain.
À travers cette initiative, le gouvernement réitère sa volonté d’assainir le secteur minier dans les territoires de Mwenga et Shabunda, régulièrement cités dans des rapports sur la fraude minière, les circuits de contrebande et le financement de groupes armés.
Les opérateurs économiques actifs dans ces zones ont été appelés à collaborer avec la mission gouvernementale déployée sur le terrain, dans le but de renforcer la légalité, la transparence et le contrôle des activités extractives.
Pierre Kabakila




