Le gouvernement congolais renforce sa lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a ordonné l’ouverture immédiate d’enquêtes judiciaires sur des présumés réseaux de fraude minière opérant dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu.
Cette décision fait suite à une audience accordée au député national Trésor Lutala Mutiki, élu de Mwenga, venu dénoncer l’ampleur de l’exploitation illicite des minerais dans plusieurs zones minières de sa circonscription.
Des soupçons de complicités civiles et militaires
Au cours de cette rencontre, le parlementaire a évoqué la situation dans les zones de Kamituga et Lugushwa, où des réseaux organisés seraient impliqués dans l’exploitation illégale des ressources minières, en violation du Code minier.
Selon ses déclarations, plusieurs sociétés minières, notamment à capitaux chinois, exerceraient leurs activités en dehors du cadre légal. Il a également dénoncé de présumées complicités impliquant certains responsables civils ainsi que des membres des forces de défense et de sécurité, accusés de faciliter ces activités au détriment des intérêts de l’État et des communautés locales.
La Justice promet des investigations
Réagissant à ces allégations, Guillaume Ngefa a instruit les parquets compétents d’ouvrir des enquêtes afin de vérifier les faits et d’identifier les éventuels responsables.
« La lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, la fraude minière et toutes les formes de criminalité économique demeure une priorité de mon mandat. Aucune violation de la loi ne sera tolérée. Si les faits sont établis, leurs auteurs répondront de leurs actes devant la justice, dans le strict respect de l’État de droit », a déclaré le ministre d’État.
Un audit attendu dans le secteur minier de Mwenga
À l’issue de l’audience, le député Trésor Lutala Mutiki a salué la réaction du ministre de la Justice. Selon lui, les investigations devraient concerner aussi bien les sociétés minières opérant à Mwenga que les éventuels réseaux administratifs et sécuritaires soupçonnés de faciliter ces pratiques.
L’ouverture de ces enquêtes intervient dans un contexte où les autorités congolaises affichent leur volonté de renforcer la gouvernance du secteur extractif, de lutter contre la fraude minière et de protéger les recettes publiques issues de l’exploitation des ressources naturelles.
Azarias Mokonzi




