L’administrateur du territoire de Fizi, Kalonji Badibanga, alerte sur l’existence présumée d’un réseau de trafic de ressources naturelles dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Selon l’autorité territoriale, de l’or et du bois rouge seraient illicitement extraits dans la région avant d’être acheminés vers le Rwanda, notamment par voie aérienne depuis l’aérodrome de Minembwe.
Des ressources naturelles acheminées par voie aérienne
Dans sa dénonciation, Kalonji Badibanga affirme que d’importantes quantités d’or et de bois rouge feraient l’objet d’une exploitation et d’un transport clandestins dans le territoire de Fizi.
L’aérodrome de Minembwe serait notamment utilisé comme point de transit pour l’évacuation de ces ressources vers le Rwanda, selon l’administrateur territorial.
À ce stade, aucune donnée chiffrée permettant d’évaluer les volumes concernés n’a toutefois été rendue publique. Les identités des opérateurs économiques ou des éventuels responsables impliqués dans ces circuits n’ont pas non plus été précisées.
Un lien établi avec un récent incident aérien
La déclaration de l’administrateur de Fizi intervient dans le contexte d’un récent incident aérien survenu dans cette partie du Sud-Kivu.
Selon Kalonji Badibanga, l’appareil abattu dans la région aurait eu pour objectif de récupérer une cargaison de minerais issus de l’exploitation illégale.
Cette affirmation, qui n’a pas encore fait l’objet d’une vérification indépendante, soulève de nouvelles interrogations sur l’utilisation des infrastructures aériennes des Hauts-Plateaux et sur les éventuels circuits clandestins d’évacuation des ressources minières.
Des groupes armés accusés de faciliter le trafic
Pour l’administrateur territorial, la persistance de l’insécurité dans les Hauts-Plateaux favorise le développement de ces activités clandestines.
Kalonji Badibanga accuse plusieurs groupes armés, locaux et étrangers, de jouer un rôle dans la sécurisation ou la facilitation présumée de ces réseaux. Il cite notamment le Red Tabara, le FNL de Zabulampema ainsi que le Twirwaneho.
L’autorité territoriale établit également un lien entre les activités économiques clandestines et les violences qui affectent les populations civiles dans les Hauts-Plateaux de Fizi.
Ces accusations devront cependant être étayées par des enquêtes et des éléments de preuve permettant d’établir les responsabilités des différents acteurs cités.
Le contrôle des minerais en question
Au-delà de la question sécuritaire, ces révélations mettent en lumière les difficultés persistantes liées au contrôle de la production, de la circulation et de l’exportation des ressources minières dans l’Est de la RDC.
Le trafic présumé d’or et de bois rouge pose également la question de la traçabilité des ressources et des mécanismes de contrôle aux points de sortie du territoire congolais.
La sortie de Kalonji Badibanga intervient ainsi alors que les autorités congolaises sont confrontées à la nécessité de renforcer la surveillance des zones minières et des axes d’évacuation des ressources naturelles dans le Sud-Kivu.
Pour l’heure, les éléments avancés par l’administrateur territorial restent à documenter. Des investigations plus approfondies seront nécessaires pour déterminer l’ampleur du phénomène, identifier les éventuels réseaux impliqués et établir les responsabilités.
Azarias Mokonzi




