Face à la persistance des activités minières illicites au Sud-Kivu, le gouvernement congolais entend renforcer les contrôles sur les opérateurs actifs dans plusieurs zones stratégiques de la province. Une commission ad hoc, déployée le 31 août 2026, est chargée de vérifier la conformité légale et opérationnelle des entreprises minières présentes notamment à Mwenga, Fizi, Uvira, Baraka et Shabunda.
Les opérateurs miniers soumis à un contrôle renforcé
Initiée par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, cette opération vise à assainir le secteur et à renforcer le contrôle de l’État sur les activités d’extraction et de commercialisation des minerais.
La commission ad hoc doit procéder à un examen approfondi des dossiers des entreprises opérant dans les zones concernées. Plusieurs opérateurs sont ainsi appelés à se présenter devant ses membres afin de fournir les documents nécessaires à la vérification de leur conformité.
Selon les informations communiquées dans le cadre de cette opération, les auditions se déroulent également en présence de députés nationaux élus du Sud-Kivu, qui suivent le processus.
Les entreprises concernées doivent notamment présenter leurs documents juridiques, leurs titres miniers, les preuves du respect de leurs obligations fiscales ainsi que les éléments attestant de leur conformité aux normes environnementales et aux cahiers des charges sociaux.
La traçabilité des minerais figure également parmi les points examinés par la commission.
Des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension
À l’issue des travaux, la commission devrait établir un rapport détaillant la situation de chaque opérateur contrôlé. Ce document servira, selon le ministère des Mines, de base à d’éventuelles mesures administratives conformément aux lois et règlements en vigueur.
Les opérateurs en situation irrégulière pourraient ainsi être appelés à régulariser leur situation, tandis que les cas les plus graves pourraient faire l’objet de mesures allant jusqu’à la suspension des activités.
Le cabinet du ministre des Mines entend, dans ce cadre, appliquer les règles sans distinction et lutter contre les mécanismes permettant à des opérateurs non conformes de poursuivre leurs activités sous couvert de structures légalement établies.
Le cas de Mwenga au centre des préoccupations
Cette opération intervient alors que le territoire de Mwenga demeure confronté à des tensions autour de l’exploitation et du contrôle des ressources minières.
La société Lugushwa Mining a notamment dénoncé, ces derniers temps, le recours présumé à certaines coopératives locales comme « couvertures » par des entreprises fictives ou des « entreprises mallettes » qui chercheraient à exploiter l’or de la région.
Ces accusations, qui devront être établies par les investigations et les autorités compétentes, mettent en lumière les difficultés liées à l’identification des véritables bénéficiaires et opérateurs derrière certaines structures intervenant dans le secteur minier.
Les soupçons de complicités locales
Au-delà des entreprises elles-mêmes, la question des éventuelles complicités constitue l’un des enjeux majeurs de cette opération.
Certaines sources locales font état de soupçons impliquant des acteurs autochtones ainsi que des responsables et autorités locales dans des réseaux présumés liés à l’exploitation minière illégale.
Ces allégations devront toutefois être vérifiées et documentées avant toute mise en cause individuelle.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse donc la simple vérification administrative des titres miniers. Il s’agit également d’identifier les éventuels montages destinés à contourner la réglementation, de déterminer les responsabilités et de garantir que l’exploitation des ressources minières bénéficie légalement à l’État et aux communautés concernées.
La publication du rapport final de la commission ad hoc est désormais attendue pour connaître l’ampleur des irrégularités relevées et les éventuelles sanctions qui en découleront.
Azarias Mokonzi




