Un vent de réforme souffle sur le secteur minier de la province de la Tshopo. Face au désordre persistant qui caractérise l’exploitation des ressources du sous-sol, l’ONG Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM) est passée à l’offensive. Ce mardi 1er septembre 2026, l’organisation a officiellement présenté à Kisangani un ambitieux projet d’édit provincial visant à réguler le secteur et à sanctuariser les droits des populations locales.
Ce projet de loi provinciale est le fruit d’un long travail de terrain. Les consultations menées par l’ONG ont mis en lumière la détresse et les violations systématiques des droits des riverains des concessions minières.
« Nous sommes là pour présenter l’organisation APEM ainsi que le travail qu’elle fait dans la province de la Tshopo », a rappelé Maître Didier Omeonga, chef d’antenne de l’APEM/Tshopo, plantant le décor d’une situation devenue intenable.
Parmi les points noirs documentés par l’ONG figure le non-respect chronique des engagements financiers et sociaux pris par les opérateurs économiques.
« Nous avons des sociétés qui ont signé des cahiers des charges avec les communautés, mais qui, jusqu’à ce jour, posent problème pour leur exécution », a déploré avec force Didier Omeonga.
Le principe du CLIP au cœur de la réforme
Pour pallier ces dérives, le texte proposé par l’APEM introduit un mécanisme juridique contraignant : le Consentement libre, informé et préalable (CLIP).Si cet édit est adopté, aucune activité minière susceptible d’impacter les terres, les ressources ou l’environnement d’un village ne pourra démarrer sans l’accord explicite et préalable des chefs coutumiers et des populations locales.
Une révolution légale qui vise à redonner aux communautés le contrôle de leur destin face aux géants miniers. La démarche de la société civile a trouvé un écho favorable auprès de la représentation provinciale.
Présent lors de la présentation, le député provincial Mabikiambeyi Saidi a salué l’initiative et s’est engagé publiquement à endosser le texte.L’élu a manifesté sa ferme volonté de porter ce projet d’édit devant l’assemblée plénière de la Tshopo lors de la prochaine session.
Reste désormais à savoir si la plénière saura transformer cette proposition en loi pour mettre fin à l’anarchie minière qui paupérise la province.
Azarias Mokonzi




