Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit sa stratégie de transformation locale des ressources minières. Réuni lors de sa 91ᵉ session du vendredi 29 mai 2026, le Conseil des ministres a examiné un projet présenté par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, portant sur la création d’ADEX RDC SA, une société commune destinée à moderniser et à renforcer la compétitivité du secteur diamantaire congolais.
Cette future entreprise serait détenue à parts égales par le Fonds Minier pour les Générations Futures et la société suisse ADEX Platform AG, dans le cadre d’un partenariat présenté comme stratégique pour l’avenir de la filière diamant en RDC.
Miser sur la transformation locale
Selon le ministre des Mines, l’objectif principal du projet est de permettre à la RDC de capter davantage de valeur ajoutée issue de l’exploitation de ses diamants.
Jusqu’à présent, une grande partie des pierres précieuses extraites dans le pays est exportée à l’état brut, limitant les bénéfices économiques liés aux activités de transformation. Le projet ADEX RDC SA ambitionne ainsi d’internaliser plusieurs maillons de la chaîne de valeur, notamment la taille, le polissage et la commercialisation des diamants sur les marchés internationaux.
Cette approche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de promouvoir une industrialisation progressive du secteur minier et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières non transformées.
Un partenariat avec une expertise internationale
Le gouvernement entend s’appuyer sur l’expertise d’ADEX Platform AG, un consortium suisse qui regroupe notamment des acteurs reconnus de l’industrie diamantaire mondiale et des membres du World Diamond Council.
L’objectif est de bénéficier d’un savoir-faire technique et commercial susceptible d’améliorer la compétitivité du diamant congolais sur les marchés internationaux tout en favorisant l’émergence d’une industrie locale de transformation.
Un potentiel encore important
Les perspectives du secteur demeurent significatives. Selon les estimations du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification, les gisements artisanaux de diamants et de pierres de couleur exploités depuis 1936 disposent encore d’un potentiel permettant plusieurs décennies d’exploitation.
D’après ces projections, les réserves actuellement connues pourraient soutenir l’activité du secteur pendant au moins cinquante années supplémentaires, offrant ainsi à la RDC une opportunité durable de renforcer ses revenus miniers.
Des retombées économiques attendues
Au-delà des recettes fiscales espérées pour le Trésor public, le projet ADEX RDC SA devrait également générer des emplois et contribuer au développement de nouvelles compétences nationales.
Les projections présentées au Conseil des ministres évoquent la création de 30 à 40 emplois directs au sein de la future société ainsi que de 120 à 150 emplois indirects liés aux activités de transformation, de commercialisation et de services associés.
Le projet prévoit également un important volet de transfert de technologies et de formation, avec l’ambition de développer progressivement des activités à plus forte valeur ajoutée, notamment dans la joaillerie et les industries connexes.
Vers une nouvelle dynamique pour le diamant congolais
À travers cette initiative, le gouvernement cherche à repositionner la RDC dans la chaîne de valeur mondiale du diamant en passant du statut de simple producteur à celui d’acteur capable de transformer et de commercialiser une partie de sa production.
Si le projet obtient toutes les validations nécessaires, ADEX RDC SA pourrait constituer une étape importante dans la stratégie nationale de transformation locale des ressources minières et dans la diversification des retombées économiques du secteur extractif au profit du pays.
Pierre Kabakila




