La nomination de Godard Motemona au poste de directeur général du Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) continue de susciter des réactions au sein de la société civile congolaise. Désigné dans le cadre des nouvelles ordonnances présidentielles lues le mercredi 3 juin 2026 sur la RTNC, l’ancien vice-ministre des Mines prend les commandes d’une institution régulièrement critiquée pour sa gouvernance et la gestion de ses ressources.
Parmi les premières voix à se faire entendre figure celle d’Éric Mikalano, membre de l’Organisation Initiative Bonne Gouvernance des Ressources au Kivu. Dans un entretien accordé à Mines.cd, il a exprimé les préoccupations de plusieurs organisations de la société civile qui suivent le dossier du FOMIN depuis sa création.
Selon lui, cette nomination intervient alors que de nombreuses interrogations demeurent sans réponse concernant la gestion précédente du fonds.
« Cette nomination intervient à un moment où la société civile attend toujours des éclaircissements sur plusieurs problèmes ayant marqué la gestion passée du FOMIN, notamment la question des 20 % affectés à son fonctionnement. À ce stade, cette nouvelle désignation ne constitue pas encore une garantie de changement », a-t-il déclaré.
Des attentes fortes en matière de gouvernance
Pour Éric Mikalano, le principal défi de la nouvelle direction sera de restaurer la confiance autour d’un mécanisme censé préserver une partie des revenus miniers au profit des générations futures.
« Nous attendons que les ressources du FOMIN soient gérées de manière responsable, conformément aux objectifs qui lui ont été assignés, et qu’elles ne soient plus associées à des pratiques de mauvaise gestion ou de détournement », a-t-il insisté.
L’acteur de la société civile estime par ailleurs que la nomination d’une personnalité issue du monde politique soulève des interrogations quant à l’indépendance de la gestion du fonds.
« Le FOMIN doit être protégé des influences politiques et demeurer un instrument au service des communautés et du développement durable », a-t-il ajouté.
Des interrogations sur l’utilisation des ressources
Au cours de son intervention, Éric Mikalano est également revenu sur certaines dispositions budgétaires liées à la création d’un fonds souverain devant être alimenté, selon la loi de finances, par une partie des ressources minières.
Selon lui, cette orientation mérite davantage d’explications afin de garantir la conformité des mécanismes de financement avec les textes en vigueur et d’assurer une utilisation transparente des ressources publiques.
Transparence et redevabilité au cœur des recommandations
Face aux défis qui attendent la nouvelle direction, la société civile formule plusieurs recommandations. Elle plaide notamment pour :
- La mise en place d’une stratégie de communication régulière à destination des communautés bénéficiaires ;
- Le renforcement des mécanismes de transparence et de redevabilité ;
- La création d’un portail public permettant de consulter les informations relatives à la gestion du fonds ;
- La publication périodique des rapports financiers et des projets financés.
Pour les organisations citoyennes, le changement de direction représente une opportunité de redonner de la crédibilité à une institution stratégique pour l’avenir des communautés affectées par l’exploitation minière.
Un test décisif pour la nouvelle direction
La prise de fonctions de Godard Motemona intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de bonne gouvernance. Entre les critiques formulées sur la gestion passée et les exigences croissantes de transparence, le nouveau directeur général est appelé à démontrer sa capacité à renforcer la confiance autour du FOMIN.
Pour la société civile, seule une gestion rigoureuse, transparente et orientée vers les intérêts des générations futures permettra de répondre aux attentes des populations et de garantir que les ressources minières contribuent réellement au développement durable de la République démocratique du Congo.
Daniel Bawuna




