La province de la Tshopo est confrontée à une détérioration préoccupante de la situation sécuritaire dans le territoire de Bafwasende. Selon plusieurs alertes relayées par les autorités locales, des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), repoussés par les opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise dans certaines zones de l’Ituri et du Nord-Kivu, se seraient redéployés dans les vastes espaces forestiers de ce territoire.
Lors d’une intervention à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le député provincial Typhen Mabikinyambey a indiqué qu’au moins douze villages se seraient progressivement vidés de leurs habitants au cours des dernières semaines en raison de l’insécurité grandissante.
Selon l’élu, les combattants ADF seraient désormais présents dans plusieurs localités et groupements voisins, parfois à quelques heures de marche seulement des zones habitées.
« Ces secteurs sont très proches de la Tshopo, avec laquelle ils ne partagent que la forêt. Les ADF errent là-bas et semblent évoluer sans être inquiétés. Malgré nos dénonciations, il n’y a toujours pas de réponse appropriée », a-t-il déclaré.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
L’insécurité a entraîné d’importants déplacements de population. Dans plusieurs localités touchées, les écoles ont cessé de fonctionner tandis que certains centres de santé ne sont plus opérationnels, compliquant davantage les conditions de vie des habitants.
Les populations ayant fui les zones menacées se retrouvent confrontées à de nouvelles difficultés, notamment l’accès aux soins, à l’éducation et aux moyens de subsistance.
Les activités minières fortement perturbées
Cette situation affecte également le secteur minier, l’un des principaux moteurs économiques de Bafwasende. Le territoire est réputé pour son potentiel aurifère, mais l’avancée des groupes armés pousse de nombreux exploitants artisanaux et opérateurs miniers à suspendre leurs activités.
Craignant des attaques similaires à celles enregistrées dans certaines zones voisines de l’Ituri, plusieurs acteurs du secteur auraient abandonné leurs sites d’exploitation.
Des observateurs redoutent également que la présence des groupes armés à proximité des zones minières ne favorise l’exploitation illicite de l’or. Selon ces inquiétudes, certains réseaux pourraient utiliser les ressources minières pour alimenter des circuits de financement illégaux.
Des moyens jugés insuffisants
Face à cette situation, les autorités territoriales estiment que les effectifs militaires et les moyens logistiques actuellement disponibles demeurent insuffisants pour sécuriser une zone aussi vaste et difficile d’accès.
Les élus provinciaux appellent ainsi le gouvernement central à renforcer la présence des forces de sécurité et à engager des opérations ciblées afin d’empêcher l’installation durable des groupes armés dans cette partie de la Tshopo.
Pour de nombreux acteurs locaux, l’enjeu dépasse la seule question sécuritaire. Il s’agit également de préserver les activités économiques, notamment minières, et d’éviter que cette région ne devienne un nouveau foyer d’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.
Azarias Mokonzi




