Un dysfonctionnement de la plateforme douanière utilisée pour l’enregistrement des exportations de cobalt risque de perturber les expéditions des principaux producteurs opérant en République démocratique du Congo (RDC), rapporte Reuters.
Selon l’agence de presse, plusieurs sociétés minières ne parviennent plus, depuis le 1er juillet 2026, à enregistrer leurs déclarations d’exportation en raison d’un blocage administratif lié à l’absence d’une notification officielle de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS).
Des quotas menacés
Cette situation survient alors que l’ARECOMS avait fixé au 5 juillet la date limite d’utilisation des quotas d’exportation attribués pour le premier semestre. Conformément au nouveau mécanisme de régulation, les volumes non utilisés doivent ensuite être retirés et réattribués.
D’après Reuters, ces retards administratifs pourraient empêcher 60 à 75 % des entreprises minières concernées de respecter cette échéance. Une source du secteur estime que jusqu’à 20 000 tonnes de cobalt, représentant environ 1,1 milliard de dollars aux cours actuels, risquent de ne pas être exportées si la situation perdure.
Les opérateurs demandent un report
Face à ce blocage, Reuters indique que la Chambre des Mines de la RDC a adressé, le 2 juillet, une correspondance à l’ARECOMS afin de solliciter une résolution rapide du problème ainsi qu’un report de la date limite d’exportation. Les entreprises minières auraient également saisi le Premier ministre pour obtenir son intervention.
Selon une source proche du groupe CMOC, l’entreprise a demandé une prolongation d’un mois du délai d’exportation, estimant qu’un tel report permettrait d’absorber les retards accumulés. À ce stade, aucune réponse officielle n’avait encore été communiquée par les autorités compétentes.
Un enjeu majeur pour le marché du cobalt
Cet incident intervient dans un contexte où la RDC a renforcé le contrôle de ses exportations de cobalt en instaurant un système de quotas destiné à mieux réguler l’offre et à soutenir les prix de ce minerai stratégique.
Depuis le début de l’année, les cours du cobalt ont enregistré une nette progression sur les marchés internationaux, renforçant l’importance économique de ce mécanisme pour les producteurs comme pour l’État congolais. Un règlement rapide de ce blocage administratif permettrait de sécuriser les flux d’exportation et de préserver la dynamique du secteur minier congolais.
Pierre Kabakila




