Dans son discours du 30 juin, le président de la Félix Tshisekedi a appelé à une refondation en profondeur de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, en plaçant la gouvernance des ressources naturelles au centre de son agenda.
À l’occasion de la prise de la présidence tournante de l’organisation régionale, le chef de l’État congolais a insisté sur la nécessité de renforcer l’efficacité institutionnelle de la CIRGL afin d’en faire un cadre de coopération « plus utile, plus responsable et plus efficace » au service de la stabilité régionale.
Au cœur de cette vision, Kinshasa met en avant la problématique de l’exploitation illégale des ressources minières, considérée comme l’un des principaux facteurs de déstabilisation dans la région des Grands Lacs. La RDC estime que les circuits illicites de minerais alimentent durablement les dynamiques de conflit, en particulier dans l’Est du pays.
Le président Tshisekedi a ainsi plaidé pour un renforcement des mécanismes régionaux de traçabilité, de contrôle et de coopération sécuritaire entre États membres, afin de limiter les flux transfrontaliers illégaux et d’améliorer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement.
Il a également rappelé les principes que la RDC entend promouvoir dans ce cadre : respect de l’intégrité territoriale des États, non-ingérence, responsabilité mutuelle et engagement effectif dans la mise en œuvre des décisions régionales.
Cette orientation intervient dans un contexte où la région des Grands Lacs demeure confrontée à des tensions sécuritaires persistantes, étroitement liées aux enjeux économiques et à la gestion des ressources naturelles stratégiques.
En repositionnant la question minière au centre de la réforme de la CIRGL, Kinshasa cherche à renforcer le rôle de l’organisation comme instrument de régulation économique et de stabilisation régionale.
Pierre Kabakila




