Les Forces démocratiques alliées (ADF) semblent intensifier leurs offensives contre les sites d’exploitation artisanale d’or dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Selon la société civile locale, cette stratégie traduirait une volonté du groupe armé de s’assurer de nouvelles sources de financement dans un contexte de pression militaire persistante.
D’après Rams Malikidogo, défenseur des droits humains et acteur de la société civile, les ADF auraient renforcé leur présence dans plusieurs zones minières stratégiques de la région.
« Les ADF multiplient les attaques contre les carrés miniers. Le 29 juin dernier, ils ont attaqué cinq carrés miniers et, actuellement, ils assiègent le carré minier de Tepe où ils ont érigé leur plus grand bastion », a-t-il déclaré.
Selon cette source, le site de Tepe serait devenu l’un des principaux points d’appui du groupe armé dans cette partie de l’Ituri.
Une stratégie orientée vers les ressources minières
Toujours selon la société civile, cette recrudescence des attaques aurait débuté après l’assaut mené contre le site minier de Muchacha, considéré comme le point de départ d’une nouvelle stratégie des ADF.
« Depuis l’attaque de Muchacha, les ADF font des sites miniers leur nouvelle cible. Nous estimons qu’ils manquent de moyens et cherchent à exploiter illicitement l’or afin de financer leurs activités », affirme Rams Malikidogo.
Ces déclarations reflètent l’analyse de la société civile locale. Elles n’ont pas été confirmées officiellement par les autorités militaires.
Des allégations de travail forcé
La société civile affirme également que des civils enlevés lors des attaques seraient contraints de travailler sur les sites miniers contrôlés par les ADF.
« Les personnes capturées sont utilisées comme main-d’œuvre, selon les informations en notre possession. L’ennemi cherche des moyens pour se renforcer », a ajouté Rams Malikidogo.
À ce stade, ces allégations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Appel à une intervention des FARDC
Face à cette situation, les organisations de la société civile appellent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à intensifier leurs opérations afin de reprendre le contrôle des sites miniers occupés.
Selon elles, la sécurisation des carrés miniers est essentielle non seulement pour protéger les populations civiles, mais aussi pour empêcher les groupes armés de tirer des revenus de l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Les attaques répétées contre les sites aurifères de Mambasa illustrent une nouvelle fois les liens étroits entre l’insécurité persistante dans l’est de la RDC et la convoitise autour des ressources minières, qui continuent d’alimenter les économies de guerre des groupes armés opérant dans la région.
Azarias Mokonzi




