Les recettes générées par le secteur minier en République démocratique du Congo ont atteint 6,453 milliards de dollars américains en 2024, selon le rapport de cadrage de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC) consulté par Mines.cd. Ce montant représente l’essentiel des 6,819 milliards de dollars de recettes enregistrées par l’ensemble du secteur extractif industriel, mines et hydrocarbures confondus.
Ces résultats confirment le rôle prépondérant de l’industrie minière dans les finances publiques extractives du pays. Par rapport à 2023, les recettes globales du secteur extractif ont progressé de 16,64 %, tandis que celles issues des activités minières ont enregistré une hausse de 14,98 %, soutenues par l’augmentation des exportations ainsi que par la bonne tenue des cours internationaux du cuivre et de l’or.
Le cuivre, principal moteur de la croissance
Le rapport attribue cette progression à la combinaison de volumes d’exportation en hausse et de prix internationaux favorables, en particulier pour le cuivre.
En 2024, la RDC a exporté près de 3,2 millions de tonnes de cuivre, consolidant ainsi sa position de deuxième producteur mondial, derrière le Chili.
Le document souligne également l’apport du marché de l’or, porté par une forte demande mondiale et par les achats soutenus des banques centrales. Cette dynamique a renforcé les recettes minières dans un contexte où les minerais critiques occupent une place de plus en plus stratégique dans les chaînes de valeur mondiales.
L’impôt sur les bénéfices domine les recettes
Parmi les principales sources de revenus recensées, l’Impôt sur les bénéfices et profits (IBP) demeure le premier contributeur. À lui seul, ce prélèvement a généré 1,244 milliard de dollars pour le secteur minier en 2024.
Le rapport révèle par ailleurs que six entreprises minières concentrent 81,63 % des paiements liés à cet impôt, illustrant la forte dépendance des recettes publiques à un nombre restreint de grands opérateurs.
Une forte concentration des contributions
Sur les 600 entreprises minières identifiées dans le périmètre du rapport, 54 sociétés ont effectué des paiements jugés matériels, représentant 6,295 milliards de dollars, soit 97,56 % de l’ensemble des recettes minières recensées.
Le seuil de matérialité retenu, fixé à environ 0,2 % du total des recettes minières, a permis d’identifier les principaux contributeurs.
Le rapport précise également que 61 entreprises minières ont été retenues dans le périmètre de télédéclaration, en tenant compte du critère de matérialité ainsi que de la présence des entreprises publiques. En y ajoutant les sociétés pétrolières, le périmètre consolidé couvre 610 entreprises.
Les entreprises publiques également mises à contribution
Les entreprises publiques continuent de jouer un rôle significatif dans les recettes du secteur. La Gécamines a, à elle seule, déclaré 162,44 millions de dollars, sur un total de 169,30 millions de dollars versés par l’ensemble des entreprises minières publiques.
Le rapport annonce également l’intégration de plusieurs coentreprises (joint-ventures) et filiales dans le champ de la déclaration unilatérale pour l’exercice 2024, dans le but de renforcer la transparence des flux financiers entre l’État, ses entreprises publiques et les partenaires privés.
Des limites liées au contexte sécuritaire
Le document relève toutefois plusieurs insuffisances dans la collecte des données. Certaines institutions publiques, notamment le Secrétariat général aux Hydrocarbures (SGH), le ministère des Hydrocarbures et l’Agence congolaise de l’environnement (ACE), n’avaient pas encore transmis leurs informations au moment de la rédaction du rapport. Plusieurs provinces et entités territoriales décentralisées étaient également en attente de transmission de leurs données.
Le rapport souligne en outre que les contraintes sécuritaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont limité la collecte de certaines informations.
Malgré ces difficultés, le rapport de cadrage de l’ITIE-RDC met en évidence la solidité des performances du secteur minier en 2024 et confirme son rôle déterminant dans la mobilisation des recettes publiques et le financement de l’économie congolaise.
Daniel Bawuna




