Ivanhoe Mines renforce ses ambitions dans le cuivre congolais. Le groupe minier canadien a annoncé mardi une nouvelle estimation des ressources minérales de son projet Western Forelands, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Les ressources en cuivre contenues dans le district de Makoko sont désormais estimées à environ 12 millions de tonnes, soit une hausse de 30 % par rapport à l’estimation publiée en mai 2025.
Sur une base de 100 %, le district de Makoko compte désormais 42 millions de tonnes de ressources indiquées, à une teneur moyenne de 2,66 % de cuivre, et 612 millions de tonnes de ressources présumées, à une teneur moyenne de 1,80 %.
Cette progression intervient après environ 64 000 mètres de forage diamant réalisés depuis la précédente estimation des ressources.
Ivanhoe Mines précise cependant que plusieurs résultats de forage obtenus après le 31 mars 2026 n’ont pas encore été intégrés à cette nouvelle estimation. Le potentiel du district pourrait donc encore évoluer à mesure que les données issues des campagnes supplémentaires seront incorporées.
Un vaste territoire encore en exploration
Le district de Makoko constitue l’un des principaux secteurs du projet Western Forelands, dont les permis d’exploration couvrent environ 2 426 km².
Cette superficie représente plus de six fois celle du complexe cuprifère voisin de Kamoa-Kakula, également développé par Ivanhoe Mines.
La compagnie entend poursuivre intensivement les travaux d’exploration. Son programme prévu pour 2026 prévoit 94 500 mètres de forage, présenté comme le programme le plus important jamais réalisé sur Western Forelands.
De nouvelles campagnes doivent notamment permettre de mieux définir les zones minéralisées situées à faible profondeur.
Ivanhoe prévoit ainsi d’intensifier les forages au quatrième trimestre 2026 afin d’évaluer plus précisément le potentiel de minéralisations proches de la surface, avec notamment la perspective d’un scénario d’exploitation à ciel ouvert.
Vers une première étude de développement en 2027
La prochaine étape pourrait intervenir dès 2027.
Ivanhoe Mines prévoit de lancer au premier trimestre une étude de cadrage consacrée au projet Makoko. Le scénario actuellement envisagé pourrait s’appuyer sur plusieurs fosses à ciel ouvert peu profondes.
Selon la compagnie, cette approche pourrait réduire les besoins en capitaux initiaux et raccourcir les délais nécessaires au développement du projet.
Le groupe entend notamment capitaliser sur l’expérience acquise avec Kamoa-Kakula, situé dans la même région, dont la montée en puissance fournit à Ivanhoe une expérience opérationnelle et logistique importante dans le développement de grands projets cuprifères en RDC.
Il faudra toutefois attendre les prochaines étapes d’évaluation économique et technique pour déterminer la viabilité réelle d’un éventuel développement industriel de Makoko.
Des ressources appelées à progresser ?
L’estimation publiée mardi ne constitue pas nécessairement le dernier état des ressources du district.
Une partie des résultats issus des forages réalisés en 2026 n’a pas encore été intégrée. La prochaine mise à jour devrait donc permettre d’affiner la connaissance du gisement et potentiellement de faire évoluer à nouveau les ressources déclarées.
Pour Ivanhoe, la poursuite des forages doit notamment permettre de mieux délimiter les zones minéralisées et d’identifier les secteurs susceptibles de présenter les meilleures conditions pour un futur développement.
Western Forelands prend une nouvelle dimension
Avec cette augmentation des ressources de Makoko, Western Forelands confirme son poids croissant dans la stratégie d’Ivanhoe Mines en RDC.
Le groupe affirme avoir désormais identifié plus de 55 millions de tonnes de cuivre contenu à travers les différentes découvertes réalisées dans cette zone.
Pour la compagnie, ces résultats renforcent le potentiel de Western Forelands, présenté comme l’un des principaux nouveaux districts cuprifères découverts ces dernières années.
Le projet reste néanmoins à un stade d’exploration et d’évaluation. Entre les ressources géologiques et une éventuelle production commerciale, plusieurs étapes devront encore être franchies : définition des ressources, études économiques, choix du scénario minier, financement, construction et autorisations nécessaires.
Ivanhoe veut convaincre les investisseurs
La compagnie doit désormais présenter les détails de cette nouvelle estimation aux investisseurs dans le cadre d’un webinaire consacré aux résultats du projet.
Ivanhoe prévoit également de publier ultérieurement l’enregistrement de la présentation ainsi que les documents associés.
Avec Makoko, le groupe cherche ainsi à démontrer que son histoire cuprifère en RDC ne se limite pas à Kamoa-Kakula. La prochaine bataille se joue désormais dans l’exploration de Western Forelands, où l’augmentation des ressources pourrait faire émerger un nouveau pôle majeur du cuivre congolais.
Pierre Kabakila




