Le décompte macabre se poursuit dans les sites miniers contrôlés par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo et du M23 dans la province du Nord-Kivu. Après le drame survenu récemment sur le site de Kasasa, dans le périmètre de Rubaya, un nouvel éboulement de terrain a frappé le site de Gakombe, situé dans le territoire de Masisi, ce samedi 7 mars 2026.
Selon plusieurs sources locales, de nombreux creuseurs artisanaux ont été surpris par ce glissement de terrain. L’éboulement a enseveli plusieurs puits d’extraction et touché des habitations situées à proximité du site minier.
« Les creuseurs qui se trouvaient dans les galeries à la recherche de minerais ont été ensevelis, et des maisons proches du site ont été détruites », rapporte un habitant de la zone.
Un bilan encore provisoire
Le bilan provisoire fait état d’au moins sept morts. Toutefois, les opérations de recherche se poursuivent, plusieurs personnes étant encore portées disparues.
« Officiellement, sept corps ont été retirés, mais plusieurs personnes manquent encore à l’appel », précise la même source.
Les conditions d’intervention restent difficiles dans cette zone marquée par l’insécurité et l’absence d’encadrement officiel des activités minières.
Des sites miniers au cœur du financement du conflit
Sous le contrôle de l’AFC-M23, ces sites miniers constituent une source de revenus importante pour les groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon plusieurs observateurs, l’exploitation s’y déroule souvent en dehors des normes de sécurité prévues par la législation minière, exposant les creuseurs artisanaux à des risques élevés d’accidents.
En l’espace de quelques jours seulement, deux tragédies majeures ont frappé la zone de Rubaya. Le 3 mars dernier, un éboulement sur le site de Kasasa avait déjà causé la mort de plusieurs centaines de personnes, selon différentes sources locales.
Un trafic de minerais au cœur des tensions
Selon un récent rapport présenté aux Nations unies, l’exploitation et la contrebande de minerais dans cette région généreraient des revenus importants pour les groupes armés.
Ces activités alimenteraient les réseaux de trafic de minerais issus des zones de conflit, une problématique régulièrement évoquée dans les discussions internationales sur la traçabilité des ressources naturelles.
Pour de nombreux observateurs, la réduction de ces drames récurrents passe par la restauration de l’autorité de l’État sur ces gisements stratégiques et par un meilleur encadrement de l’exploitation minière artisanale dans l’Est de la RDC.
Azarias Mokonzi




