Le Cadastre minier (CAMI), principal organe chargé de l’administration des titres miniers en République démocratique du Congo, a reversé 32,4 millions de dollars américains au Trésor public en 2024, contre 11 millions USD en 2023, soit une hausse spectaculaire de plus de 21 millions de dollars en une année.
Cette progression marque un tournant significatif dans la mobilisation des recettes issues du secteur minier, dans un pays considéré comme l’un des plus riches au monde en minerais stratégiques, notamment le cobalt, le cuivre et le coltan.
Une audition devant le Sénat pour évaluer la gestion du CAMI
Ces chiffres ont été présentés lors d’une audition devant la Commission Économie, finances et bonne gouvernance (Ecofin) du Sénat, tenue vendredi dernier.
À cette occasion, Popol Mabolia Yenga, Directeur Général, et Crispin Mbindule, président du conseil d’administration, ont exposé un bilan détaillé de l’exercice écoulé ainsi que les perspectives de l’établissement.
Cette séance avait pour objectif d’évaluer la gestion de cette institution stratégique, véritable porte d’entrée du secteur minier congolais, à travers l’octroi, le suivi et la gestion des titres miniers.
Assainissement du cadastre : près de 50 000 km² récupérés
Les responsables du CAMI ont également mis en avant les progrès enregistrés dans l’assainissement du fichier cadastral minier.
Selon les données présentées, près de 50 000 kilomètres carrés de périmètres miniers ont été récupérés par l’État au cours des deux dernières années, permettant de libérer des espaces jusque-là inexploités ou attribués de manière irrégulière.
Les dirigeants du CAMI estiment que ces avancées s’inscrivent dans le cadre des réformes institutionnelles impulsées par le président Félix Tshisekedi, lesquelles ont notamment permis à l’établissement de disposer, pour la première fois depuis 2003, de l’ensemble de ses organes de gestion.
Cap sur la modernisation entre 2025 et 2030
Pour les prochaines années, le Cadastre minier prévoit une modernisation accélérée de ses services afin de renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion des titres miniers.
Parmi les priorités annoncées figurent : la poursuite de la digitalisation des services ; l’intégration de nouvelles technologies, notamment les drones, pour le suivi des périmètres miniers ; la mise en œuvre de solutions d’e-gouvernance ; l’obtention de la certification ISO 9001 ; le renforcement de la contribution du CAMI aux initiatives stratégiques, notamment le partenariat RDC–États-Unis sur les minerais critiques et le développement des chaînes de valeur minières.
Vers une gouvernance minière plus attractive
Ces avancées interviennent dans un contexte où la RDC cherche à maximiser les retombées économiques de ses ressources naturelles, tout en renforçant la lutte contre l’exploitation illicite et les irrégularités dans le secteur.
À terme, cette dynamique pourrait contribuer à améliorer la transparence, renforcer la crédibilité du système minier congolais et accroître l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
Daniel Bawuna




