Dans le territoire de Mambasa, en Ituri, des enfants seraient victimes d’exploitation sexuelle et économique dans plusieurs zones d’exploitation minière. L’Association des enfants des soldats au front pour la paix alerte sur une situation qu’elle qualifie de particulièrement préoccupante et appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à ouvrir une enquête.
Selon Serge Masimango, coordonnateur de cette organisation citoyenne, plusieurs cas auraient été enregistrés dans des carrés miniers de Mambasa. Une partie des enfants concernés proviendrait de la ville et du territoire de Beni, dans la province voisine du Nord-Kivu.
Parmi ces mineurs figureraient notamment des enfants de militaires, laissés à Beni pendant que leurs parents sont engagés sur les lignes de front.
Des enfants attirés par de fausses promesses
D’après l’organisation, certains enfants seraient recrutés en dehors du cadre familial par des personnes qui leur promettent des emplois dans des restaurants ou d’autres activités présentées comme légales.
Une fois conduits vers des zones minières reculées, ces enfants se retrouveraient, selon les témoignages recueillis par l’association, dans des situations d’exploitation.
« Ces enfants sont en train de se faire exploiter tant économiquement que sexuellement dans plusieurs carrés miniers à Mambasa. Nous avons enregistré plusieurs cas et les parents se plaignent continuellement », alerte Serge Masimango.
L’association affirme que les filles sont particulièrement exposées aux violences et à l’exploitation sexuelle. Mais elle souligne également que les garçons seraient victimes d’exploitation économique, notamment à travers le travail dans les sites d’extraction d’or.
Des garçons exposés au travail dans les mines
Selon Serge Masimango, certains garçons seraient contraints de travailler comme orpailleurs dans des conditions dangereuses, loin de l’école et de toute protection familiale.
Cette situation les exposerait notamment aux risques liés au travail dans les puits miniers, ainsi qu’à différentes formes de violences et d’exploitation.
« Ils sont nombreux, ces enfants qui quémandaient en ville et qui se retrouvent aujourd’hui exploités économiquement par des inconnus dans des carrés miniers reculés », déplore le coordonnateur.
Pour l’organisation, la situation de ces enfants illustre la vulnérabilité particulière des familles affectées par les conflits et les déplacements. Certains mineurs, notamment les enfants de militaires, seraient déjà confrontés à la précarité avant d’être attirés vers les zones minières par des promesses d’emploi.
Une enquête réclamée aux autorités
Face à ces accusations, l’Association des enfants des soldats au front pour la paix demande l’intervention urgente des autorités judiciaires et militaires.
Elle réclame notamment l’ouverture d’une enquête indépendante permettant d’établir les faits, d’identifier les personnes impliquées et, le cas échéant, de traduire les responsables devant la justice.
Au-delà de la répression des auteurs présumés, l’organisation appelle également à renforcer la protection des enfants dans les zones minières de Mambasa et à mettre en place des mécanismes permettant d’identifier et d’accompagner les mineurs exposés à l’exploitation.
Dans une province où les populations civiles restent fortement vulnérables aux conséquences de l’insécurité et de la pauvreté, ces accusations mettent une nouvelle fois en lumière les risques auxquels sont exposés les enfants dans les zones d’exploitation artisanale de l’or.
Azarias Mokonzi




