Malgré la directive présidentielle interdisant la présence illégale des militaires et des policiers sur les sites miniers, des soldats lourdement armés seraient toujours déployés dans plusieurs carrés miniers du territoire de Mambasa, selon Rams Malikidogo, coordonnateur de l’APDEF.
La présence de militaires lourdement armés dans plusieurs carrés miniers du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, continue de susciter des inquiétudes. Alors que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a ordonné le retrait des militaires et policiers déployés illégalement sur les sites d’exploitation minière, des soldats seraient toujours présents dans plusieurs zones aurifères, selon une alerte de l’Association pour la protection et la défense des droits des personnes vulnérables (APDEF).
Rams Malikidogo, coordonnateur de cette organisation de défense des droits humains à Mambasa, dénonce le non-respect de la directive présidentielle et des mesures prises par les autorités provinciales. Il affirme que des militaires sont notamment visibles dans les carrés miniers de Yolo, Russie, Bango, Mayuwano, Camp Libération et TP.
Selon cet activiste, certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seraient affectés à des activités économiques, notamment l’exploitation de l’or et le commerce des planches, au lieu de se consacrer à la lutte contre les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), actifs dans la région.
« Cette décision est foulée au pied dans différents carrés miniers notamment deYolo, Russie, Bango, Mayuwano, camp libération, et TP. Ces carrés miniers sont inondés des militaires lourdement armés au lieu de se concentrer sur la menace des ADF, ils sont envoyés dans différents carrés miniers pour l’exploitation de l’or et des planches, chose qui est grave car la population reste sous une menace permanente des ADF et fait face à un problème d’effectifs. », a-t-il déclaré.
Un enjeu de sécurité pour les populations
Pour l’APDEF, cette présence militaire présumée dans les sites miniers pose la question de l’affectation des troupes dans une zone confrontée aux attaques des ADF. L’organisation estime que la concentration de soldats dans les carrés miniers risque de réduire les effectifs disponibles pour protéger les civils et sécuriser les villages environnants.
L’alerte intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences dans le territoire de Mambasa. Le 16 octobre 2026, plusieurs médias ont rapporté, sur la base d’informations communiquées par l’APDEF, la mort de dix personnes lors d’attaques attribuées aux ADF contre des carrés miniers du groupement Bakaheku. Le bilan n’avait pas encore été confirmé par les autorités sécuritaires au moment de ces publications.
Cette situation ravive les inquiétudes des communautés locales, qui attendent des forces de sécurité une présence effective dans les zones menacées.
L’application de la directive présidentielle en question
Le 10 juillet 2026, lors du Conseil des ministres, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait ordonné la fin de toute présence illégale de militaires et de policiers sur les sites miniers, sauf dans le cadre de missions légalement autorisées ou expressément ordonnées par les autorités compétentes.
Quelques semaines plus tard, le 29 juillet, Rams Malikidogo avait déjà appelé à l’application effective de cette mesure en Ituri, affirmant qu’elle peinait à produire ses effets dans le territoire de Mambasa.
Face à la persistance présumée de ces pratiques, l’APDEF interpelle de nouveau la hiérarchie militaire et les autorités politiques. L’organisation demande que les faits dénoncés fassent l’objet de vérifications et que les responsabilités soient établies.
Elle appelle également à des sanctions contre les officiers et les militaires qui seraient impliqués dans des activités minières ou commerciales incompatibles avec leurs missions, si les faits sont confirmés.
Pour les défenseurs des droits humains, l’enjeu est double : faire respecter les règles encadrant la présence des forces de sécurité dans les sites miniers et garantir que les militaires soient mobilisés en priorité pour protéger les populations civiles face à la menace des ADF.
Azarias Mokonzi




