Le président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de lancer, dans un délai de 30 jours, un audit exhaustif et nominatif sur le rapatriement des recettes d’exportation ainsi que sur la gouvernance des partenariats miniers impliquant l’État congolais.
La décision a été annoncée à l’issue de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, selon le compte rendu lu à la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC).
Le secteur minier dans le viseur
Selon le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, cette opération vise à faire toute la lumière sur la gestion des revenus issus des exportations, particulièrement dans le secteur minier, principal moteur de l’économie nationale.
L’audit devra notamment examiner : le respect des obligations de rapatriement des devises par les entreprises exportatrices ; la gouvernance des joint-ventures minières ; la gestion des actifs miniers détenus par l’État ; les éventuelles pertes de recettes pour le Trésor public.
Une mobilisation interinstitutionnelle
Placée sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette initiative associera plusieurs institutions clés : ministère des Finances ; ministère du Budget ; ministère de l’Économie nationale ; ministère des Mines ; ministère du Commerce extérieur ; Inspection Générale des Finances (IGF) ; ainsi que la Gécamines.
Transparence et souveraineté économique
Les autorités veulent identifier les manquements éventuels, renforcer la traçabilité des flux financiers et proposer des mesures correctives.
Dans un pays largement dépendant des exportations de cuivre, cobalt, or et autres minerais stratégiques, cette démarche est présentée comme un levier de souveraineté économique.
Un signal fort au secteur extractif
Cet audit intervient dans un contexte où la gestion des ressources naturelles fait régulièrement l’objet de critiques sur : l’opacité de certains contrats ; les faiblesses dans le rapatriement des devises ; la faible captation des revenus par l’État ; la gouvernance des partenariats publics-privés.
En ordonnant ce contrôle d’envergure, Félix Tshisekedi envoie un message clair : les recettes minières doivent davantage profiter aux finances publiques et au développement national.
Pierre Kabakila




