Une cargaison d’environ 100 tonnes de cuivre a été expédiée ce samedi 25 avril 2026 vers Hong Kong, marquant une avancée notable dans la diversification des circuits d’exportation minière de la République démocratique du Congo.
Une première pour le Maniema
La province du Maniema, située dans le Centre-Est du pays, franchit ainsi une étape importante avec l’exportation de près de 100 tonnes de cuivre via Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
L’opération a été réalisée après l’obtention du certificat délivré par le Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des Substances Minérales Précieuses et Semi-précieuses (CEEC).
Une cargaison issue de Lubutu
Selon les autorités minières, la cargaison évaluée à 99 tonnes provient du territoire de Lubutu, plus précisément du site minier d’Okelenge, exploité par la coopérative Komako.
Les responsables indiquent que le lot faisait initialement partie d’un volume de 100 tonnes ayant respecté les procédures réglementaires jusqu’à la certification finale.
Pourquoi passer par Kisangani ?
Le choix de Kisangani comme point de transit s’explique par les difficultés structurelles du Maniema : insuffisance des infrastructures routières ; faibles capacités énergétiques ; contraintes logistiques pour l’évacuation minière ; absence de chaînes de traitement adaptées.
Ces limites ont conduit les autorités à autoriser le transfert vers la Tshopo.
Une diversification des corridors miniers
Pour les experts, cette opération représente une innovation dans la chaîne d’exportation congolaise, historiquement dominée par les provinces du Grand Katanga.
Elle démontre qu’il est possible de créer des circuits alternatifs pour les provinces enclavées, malgré les défis persistants.
Enjeu économique national
Cette première exportation pourrait ouvrir de nouvelles perspectives : valorisation du potentiel minier du Maniema ; intégration économique des provinces de l’intérieur ; réduction de la dépendance aux corridors classiques ; amélioration de la traçabilité des minerais ; élargissement des recettes publiques.
Dans un pays où le secteur minier demeure le principal moteur économique, cette initiative illustre la volonté des autorités de mieux structurer l’exploitation et la commercialisation des ressources sur l’ensemble du territoire national.
Pierre Kabakila




