L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) hausse le ton contre la gestion du dossier de délocalisation des communautés de Manomapia, dans la province du Lualaba.
Dans un communiqué transmis à Mines.cd, l’organisation dénonce une opacité persistante, des irrégularités répétées ainsi que la non-application des recommandations de l’Assemblée provinciale du Lualaba dans ce processus jugé sensible.
Trois ans d’attente sans issue claire
Selon l’IPDHOR, trois ans après la mise en place de la commission de délocalisation, les attentes des communautés concernées restent sans réponses concrètes.
L’organisation estime que plusieurs engagements pris par les autorités et les parties prenantes n’ont pas été respectés, notamment en matière de : transparence ; justice sociale ; respect du Code minier ; ainsi que l’indemnisation équitable.
Des irrégularités financières pointées du doigt
Parmi les griefs soulevés, l’IPDHOR évoque des écarts entre les montants annoncés officiellement et les sommes réellement versées aux bénéficiaires.
Elle dénonce également : l’absence de bordereaux de paiement ; un manque de traçabilité financière ; la répétition de paiements identiques à plusieurs reprises ; des montants jugés insuffisants par les victimes.
Selon l’organisation, ces pratiques alimentent la méfiance des communautés affectées.
Risques sanitaires et pressions dénoncés
L’IPDHOR affirme par ailleurs qu’un dépotoir aurait été installé à moins de dix mètres des habitations par la commune de Fungurume.
Elle considère cette situation comme : une pression supplémentaire sur les communautés ; un risque sanitaire majeur ; une atteinte à la dignité des populations concernées.
4 289 familles toujours sans réparation
Le communiqué revient aussi sur le cas de 4 289 familles expulsées sur l’axe Route-Kalweji-Kibalasani, dans le cadre d’opérations liées à Tenke Fungurume Mining (TFM).
Selon l’organisation : ces familles auraient été expulsées dans des conditions contestées ; certaines auraient subi des arrestations arbitraires ; malgré leur acquittement par le Tribunal de paix de Lubudi siégeant à Fungurume, elles n’auraient reçu ni réparation ni accompagnement.
L’accès à leurs parcelles et champs resterait également bloqué.
Appel à la gouverneure du Lualaba
Face à cette situation, l’IPDHOR demande : l’application immédiate des résolutions de l’Assemblée provinciale ; la publication des montants réellement versés ; la remise systématique des preuves de paiement ; une réparation juste pour les familles affectées ; l’implication urgente de la gouverneure du Lualaba.
Un débat relancé sur la gouvernance minière
Cette nouvelle dénonciation relance le débat sur la gestion des délocalisations dans les zones minières congolaises.
Dans une province fortement marquée par l’exploitation du cuivre et du cobalt, la question de la compensation des communautés riveraines reste un test majeur pour la crédibilité de la gouvernance minière et le respect des droits humains.
Daniel Bawuna




