Près de 50 tonnes d’or artisanal continuent d’échapper chaque année aux circuits officiels en République démocratique du Congo (RDC), privant le pays d’importantes recettes estimées à 7,5 milliards de dollars américains. C’est l’alerte lancée par le directeur général de DRC Gold Trading SA, Joseph M. Kazibaziba, qui plaide pour une reprise en main du secteur aurifère artisanal à travers une stratégie axée sur la traçabilité et la transformation locale.
Selon le responsable de cette société publique, une grande partie de l’or artisanal produit en RDC est encore exploitée et commercialisée en dehors des circuits réglementés, sans traçabilité ni fiscalité adéquate.
« Près de 50 tonnes d’or artisanal échappent encore chaque année aux circuits officiels », a déclaré Joseph M. Kazibaziba, estimant à environ 7,5 milliards USD le manque à gagner lié aux exportations clandestines ou illicites.
Une situation qui, selon lui, prive l’État de recettes fiscales substantielles tout en affaiblissant les mécanismes de régulation du secteur aurifère.
Une stratégie de reconquête déjà amorcée
Face à cette situation, DRC Gold Trading SA entend se positionner comme un acteur public central dans la formalisation et la commercialisation de l’or artisanal.
L’entreprise met notamment en avant ses premiers résultats, affirmant avoir exporté 11 tonnes d’or au cours des trois dernières années. Pour ses dirigeants, cette performance démontre qu’une filière légale, traçable et conforme aux standards internationaux est réalisable en RDC.
Objectif 2030 : capter jusqu’à 50 tonnes d’or artisanal
Dans sa feuille de route, DRC Gold Trading SA ambitionne de capter, d’ici à 2030, jusqu’à 50 tonnes d’or artisanal, soit l’équivalent des volumes qui échappent actuellement aux circuits formels.
Un tel objectif permettrait, selon l’entreprise, de réduire considérablement les pertes économiques enregistrées par l’État et de repositionner la RDC comme un acteur plus crédible sur le marché international de l’or.
Vers une raffinerie nationale certifiée aux normes LBMA
Parmi les projets structurants annoncés figure également la création d’une raffinerie nationale à Kinshasa, conforme aux standards de la London Bullion Market Association (LBMA), référence mondiale dans le commerce de l’or.
Selon DRC Gold Trading SA, cette infrastructure devrait permettre de : renforcer la traçabilité de l’or congolais ; accroître la valeur ajoutée locale grâce à la transformation sur place ; améliorer l’accès aux marchés internationaux reconnus ; attirer davantage de partenaires techniques et financiers.
L’ambition affichée est de faire de Kinshasa un véritable « hub aurifère » régional, capable de centraliser la collecte, le raffinage et les exportations légales d’or congolais.
Des défis majeurs à relever
Malgré ces ambitions, plusieurs obstacles demeurent. La réussite du projet dépendra notamment : de la formalisation effective de l’exploitation artisanale et de l’intégration des orpailleurs dans les circuits légaux ; de la lutte contre les réseaux de contrebande, particulièrement actifs dans certaines zones minières ; du financement et de la mise en conformité d’une raffinerie répondant aux exigences internationales ; du renforcement de la coordination entre les autorités publiques, les provinces minières, les communautés locales et les acteurs privés.
Pour plusieurs observateurs du secteur, le succès de cette stratégie passera également par davantage de transparence dans la gestion des revenus miniers et par des mécanismes incitatifs favorisant la commercialisation légale de l’or artisanal.
En toile de fond, DRC Gold Trading SA mise sur une vision claire : récupérer une part importante de l’or aujourd’hui perdu dans les circuits informels, renforcer la valeur ajoutée locale et repositionner durablement la RDC sur les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’or.
Daniel Bawuna




