Un nouvel éboulement mortel est survenu sur le site minier d’Angoa, dans le groupement Utunda, territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Un exploitant artisanal a perdu la vie dimanche 19 juillet après avoir été enseveli dans un puits d’exploitation, un drame qui relance le débat sur la sécurité dans les mines artisanales de cette région riche en ressources minières mais où les conditions de travail demeurent particulièrement précaires.
Selon les autorités locales, la victime travaillait au fond d’un puits lorsqu’une importante masse de terre s’est soudainement détachée, provoquant son ensevelissement.
« Le creuseur travaillait dans le puits lorsque la terre s’est effondrée sur lui. Ses compagnons ont pu retirer son corps sans vie avant qu’il ne soit inhumé le même dimanche », a indiqué Shemwiso Bitashimwa, secrétaire administratif du groupement Utunda.
À la suite de cet accident, les autorités ont décidé de suspendre temporairement les activités sur le site minier d’Angoa afin de permettre une évaluation des circonstances du drame et de prévenir de nouveaux accidents.
Une tragédie qui se répète
Ce nouvel éboulement n’est malheureusement pas un cas isolé. Il intervient seulement quelques semaines après un autre accident similaire survenu dans le même groupement d’Utunda, où un jeune exploitant artisanal avait également trouvé la mort dans l’effondrement d’un puits.
La répétition de ces drames met en évidence les risques auxquels sont quotidiennement exposés les milliers de creuseurs artisanaux actifs dans le territoire de Walikale. Pour beaucoup, l’exploitation minière reste l’unique source de revenus, malgré des conditions de travail marquées par l’absence de mesures de sécurité élémentaires.
Des puits exploités dans des conditions précaires
Sur de nombreux sites artisanaux, les travaux sont réalisés dans des galeries creusées manuellement, souvent sans étude géotechnique, sans système de soutènement adéquat et sans équipements de protection individuelle.
Sous l’effet des pluies, de la profondeur des excavations ou des techniques d’exploitation employées, les parois deviennent instables et peuvent s’effondrer à tout moment, transformant chaque descente dans un puits en véritable prise de risque.
Les exploitants artisanaux travaillent généralement avec des moyens limités, privilégiant la recherche de minerai au détriment des investissements nécessaires à la sécurisation des ouvrages.
Le défi de la formalisation
Au-delà du drame humain, ces accidents rappellent les limites persistantes de l’exploitation minière artisanale en République démocratique du Congo. Si ce secteur fait vivre des centaines de milliers de personnes, il demeure confronté à d’importants défis liés à la sécurité, à l’encadrement technique et au respect des normes d’exploitation.
Les acteurs locaux plaident régulièrement pour un renforcement de l’accompagnement des coopératives minières, une présence accrue des services techniques de l’État et des programmes de formation destinés aux exploitants artisanaux afin de réduire les risques d’accidents.
Pour plusieurs observateurs, la multiplication des éboulements montre que la formalisation du secteur ne peut se limiter à l’octroi de sites d’exploitation. Elle doit également s’accompagner d’un véritable dispositif de prévention, de contrôle et de sensibilisation afin de protéger les vies humaines.
En attendant les conclusions des autorités sur les circonstances de l’accident d’Angoa, une famille est une nouvelle fois plongée dans le deuil, tandis que les inquiétudes grandissent quant à la sécurité des travailleurs qui continuent, chaque jour, d’extraire les richesses du sous-sol congolais au péril de leur vie.




