Entre janvier et juillet 2026, le commerce entre la République démocratique du Congo et la Chine a franchi la barre des 19,2 milliards de dollars, avec un excédent d’environ 10,6 milliards en faveur de Kinshasa. Un chiffre record qui confirme le poids écrasant du cuivre et du cobalt dans la relation entre les deux pays.
Les chiffres ont été communiqués ce mercredi 30 septembre 2026 par l’ambassadeur de Chine en RDC, Zhao Bin, lors d’une conférence de presse consacrée au 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Le diplomate a parlé d’un « nouveau sommet » atteint par la coopération économique et commerciale entre les deux pays.
La progression est nette. Sur les huit premiers mois de 2025, le volume des échanges bilatéraux dépassait 17,2 milliards de dollars, selon les chiffres présentés l’an dernier par le même ambassadeur. En 2026, il a fallu seulement sept mois pour dépasser les 19 milliards.
Un excédent qui repose sur le sous-sol
L’excédent commercial congolais, proche de 10,6 milliards de dollars, s’explique avant tout par les exportations minières. La Chine reste le premier débouché du cuivre et du cobalt congolais, des minerais qui alimentent son industrie des batteries et des véhicules électriques.
Selon Zhao Bin, la RDC demeure la première destination des investissements chinois en Afrique et l’un des trois principaux partenaires commerciaux de Pékin sur le continent. Le diplomate affirme également que les entreprises chinoises ont créé plus de 120 000 emplois directs en RDC en 2025 et versé plus de 4 milliards de dollars d’impôts. Ces chiffres n’ont pas encore été confirmés par des sources congolaises indépendantes.
Pékin veut aller au-delà des mines
La Chine applique depuis le 1er mai 2026 un régime de droits de douane nuls aux produits originaires des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, dont la RDC. Pékin encourage Kinshasa à profiter de cette ouverture pour vendre davantage de produits non miniers sur le marché chinois, et dit vouloir inscrire la coopération dans les priorités de son nouveau plan quinquennal, notamment dans les secteurs productifs.
Pour la RDC, l’enjeu est de taille. Un commerce aussi dépendant des minerais bruts ou peu transformés expose le pays aux fluctuations des cours et à la concentration de ses débouchés. Le défi reste donc de transformer davantage sur place et de diversifier les exportations, pour que ces records commerciaux se traduisent en valeur ajoutée et en emplois durables sur le territoire national.




