Le cuivre consolide autour de 14 400 dollars la tonne à Londres après avoir atteint un sommet historique en septembre. L’or évolue, lui, sous pression, pénalisé par le raffermissement du dollar et la remontée des rendements obligataires américains. Pour la RDC, la fermeté persistante du cuivre constitue un soutien important aux recettes d’exportation.
Après trois séances consécutives de hausse, le cuivre marque une pause sur le marché londonien. Le contrat à trois mois du London Metal Exchange (LME) s’échangeait mercredi matin à 14 381,50 dollars la tonne, en baisse de 0,2 %, selon les données rapportées par Bloomberg.
La veille, le métal rouge avait clôturé à 14 420 dollars la tonne, soutenu par la bonne tenue des valeurs technologiques et par l’affaiblissement du dollar, selon Reuters.
Cette phase de consolidation intervient après le record historique de 14 875 dollars la tonne atteint le 10 septembre. Les craintes liées à l’instauration de droits de douane américains sur le cuivre raffiné avaient alors accéléré les mouvements de stocks vers les États-Unis, contribuant à tendre le marché.
Malgré ce léger repli, le cuivre conserve une progression d’environ 16 % depuis le début de l’année, confirmant la vigueur de sa trajectoire en 2026.
La Chine attendue pour donner le ton
Le prochain signal pourrait venir de Chine, premier consommateur mondial de cuivre. Les acheteurs chinois sont actuellement absents du marché en raison d’une semaine de congés. Leur retour devrait permettre de mesurer plus clairement l’état de la demande physique et la capacité du marché à absorber les niveaux de prix actuels.
Au-delà des fluctuations à court terme, les perspectives structurelles restent favorables au cuivre. La montée en puissance de l’intelligence artificielle, le développement des infrastructures électriques et l’augmentation des dépenses de défense devraient accroître fortement les besoins en métaux conducteurs.
S&P Global estime ainsi que la demande mondiale de cuivre pourrait augmenter de moitié d’ici à 2040, portée par ces nouveaux usages.
L’or sous pression
Le marché de l’or évolue dans une dynamique différente. L’once reculait mercredi de 0,7 %, autour de 4 135 dollars, après avoir touché mardi son plus bas niveau en deux mois, selon Trading Economics.
Le métal jaune est pénalisé par deux facteurs : le raffermissement du dollar et la remontée des rendements des obligations américaines, qui réduisent l’attrait relatif d’un actif ne rapportant pas d’intérêts.
Sur un mois, l’or accuse ainsi une baisse d’environ 5 %, après avoir atteint des sommets historiques en début d’année.
Un enjeu majeur pour la RDC
Pour la République démocratique du Congo, l’évolution du cuivre revêt une importance particulière. Le métal rouge demeure au cœur des recettes d’exportation du pays et constitue l’un de ses principaux leviers de génération de devises.
Un cours durablement supérieur à 14 000 dollars la tonne offre donc un environnement très porteur aux producteurs congolais et, indirectement, aux recettes publiques liées au secteur minier.
Cette conjoncture pourrait également soutenir les stratégies d’expansion des grands producteurs opérant dans le Haut-Katanga et le Lualaba, alors que les investissements dans de nouvelles capacités de production, les infrastructures énergétiques et les projets de transformation prennent une importance croissante.
Reste toutefois un élément déterminant : la capacité du marché à maintenir ces niveaux de prix dans la durée. Après l’envolée enregistrée depuis le début de l’année, le cuivre entre désormais dans une phase où la demande chinoise, les politiques commerciales américaines, les stocks mondiaux et l’accélération des besoins liés à la transition énergétique seront scrutés de près par les investisseurs. Pour la RDC, l’équation est claire : plus le cuivre reste haut, plus le contexte est favorable aux recettes minières et aux investissements. Mais la volatilité du marché rappelle aussi la nécessité de transformer cette embellie en investissements durables et en valeur ajoutée locale.




