La Banque centrale du Congo (BCC) entend renforcer les réserves en or monétaire de la République démocratique du Congo. À fin juillet 2026, l’institution avait déjà acquis environ 2,5 tonnes d’or et vise un total de 5 tonnes d’ici décembre, selon son gouverneur, André Wameso Nkualoloki.
Le gouverneur a présenté ces chiffres lors d’une conférence organisée à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, autour du thème « La stabilité du cadre macroéconomique en RDC : secteur minier, de la rente à la transformation ». Cette rencontre a réuni notamment des scientifiques, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines et l’Association congolaise des banques (ACB).
Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de diversifier les réserves internationales du pays. Celles-ci sont passées de 1,7 milliard de dollars en 2021 à 8 milliards de dollars à fin juillet 2026, avant de s’établir à 7,8 milliards de dollars à fin septembre, selon les données communiquées par le gouverneur. Elles représentaient alors environ trois mois de couverture des importations de biens et services.
L’inflation et le taux directeur au centre de la politique monétaire
André Wameso a également présenté l’évolution de l’inflation et les ajustements de la politique monétaire. Selon les chiffres communiqués lors de la conférence, l’inflation est passée de 23,8 % à fin 2023 à 11,7 % à fin 2024, puis à environ 2,3 % à fin 2025.
Cette évolution a permis à la BCC d’engager un assouplissement progressif de sa politique monétaire. Après avoir atteint 25 % au plus fort des tensions inflationnistes, le taux directeur a été ramené à 12,5 % en juillet 2026. Le Comité de politique monétaire a décidé de maintenir ce niveau lors de sa réunion du 8 octobre à Kolwezi.
La banque centrale entend toutefois rester vigilante face aux risques inflationnistes et aux fluctuations du marché des changes. À fin septembre 2026, l’inflation annuelle s’établissait à 7,25 %, selon les données présentées lors de la réunion du Comité de politique monétaire.
Le coût du crédit demeure un défi pour les entreprises
Malgré la baisse du taux directeur, le financement des entreprises reste coûteux. Selon les chiffres présentés par le gouverneur, le taux débiteur moyen appliqué aux crédits en francs congolais est passé de 24,9 % à fin 2024 à environ 21 % en juin 2026. André Wameso souhaite poursuivre cette tendance afin de rendre les crédits en monnaie nationale plus compétitifs par rapport aux prêts en dollars américains.
À fin juillet 2026, l’encours brut des crédits atteignait 11,58 milliards de dollars. Les crédits libellés en francs congolais avaient, pour leur part, progressé de 15,2 % par rapport à décembre 2025.
Le gouverneur a néanmoins souligné la persistance de plusieurs défis, notamment le coût du crédit, la profondeur du système financier et l’accès des entreprises aux financements.
Le Plan stratégique 2026-2030 en toile de fond
La conférence de Kolwezi s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan stratégique 2026-2030 de la BCC. Celui-ci vise notamment à renforcer la stabilité financière, à promouvoir l’inclusion financière, à accélérer la digitalisation des services et à consolider la présence de l’institution dans les provinces.
À travers l’acquisition d’or monétaire et les ajustements de sa politique monétaire, la BCC entend ainsi diversifier ses avoirs de réserve tout en poursuivant ses objectifs de stabilité macroéconomique.
Pierre Kabakila




