Le cuivre au comptant a terminé lundi à un sommet historique de 14 822 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. Dans la foulée, plusieurs grandes banques ont rehaussé leurs prévisions pour 2026, sans lever l’incertitude qui pèse sur le marché : la décision américaine sur les droits de douane.
Le métal rouge a fini la séance du lundi 12 octobre à 14 822 dollars la tonne au comptant à Londres, un record, avant de s’établir à 14 741 dollars mardi. Mercredi, le contrat à trois mois a grimpé jusqu’à 14 700 dollars, son plus haut niveau depuis le 23 septembre, avant de refluer. Les stocks du LME ont reculé pendant sept séances consécutives, à 229 650 tonnes, signe de la rareté du métal disponible hors des États-Unis.
La fin de semaine a été moins favorable. Jeudi, le cuivre a enchaîné une troisième séance de baisse à New York, autour de 6,52 dollars la livre (environ 14 370 dollars la tonne), après des chiffres d’inflation américains plus élevés que prévu qui ont remis sur la table une hausse des taux de la Réserve fédérale dès ce mois-ci. L’accord préliminaire trouvé pour éviter une grève à Escondida, la plus grande mine de cuivre du monde, a également retiré une partie de la prime de risque sur l’offre.
Des prévisions revues en hausse
Le cuivre affiche une moyenne de 13 471 dollars la tonne depuis le début de l’année. Macquarie table désormais sur une moyenne de 13 573 dollars en 2026, BMO Capital Markets sur 13 619 dollars et BMI, filiale de Fitch Solutions, sur 13 500 dollars. Les avis divergent nettement pour la suite. Macquarie anticipe des excédents et voit le prix redescendre à 12 750 dollars en moyenne en 2027. BMO, plus optimiste, vise 18 000 dollars en valeur nominale d’ici 2030. Deutsche Bank va encore plus loin, avec un objectif de 22 050 dollars la tonne au deuxième trimestre 2027.
Au cœur du débat figure le stock de 1,5 à 2 millions de tonnes accumulé aux États-Unis dans l’attente d’éventuels droits de douane. Selon Macquarie, si Washington renonçait définitivement à taxer le cuivre, ce métal pourrait refluer vers les entrepôts du LME et faire chuter les cours. La banque juge toutefois plus probable que le 1er janvier passe sans annonce.
Ce que cela signifie pour la RDC
Pour le deuxième producteur mondial de cuivre, des cours proches des records soutiennent les recettes d’exportation et la redevance minière. Mais les projections de Macquarie rappellent aussi que la montée en puissance de grands gisements, dont Kamoa-Kakula aux côtés de Collahuasi, Grasberg et Centinela, doit contribuer à une croissance de l’offre minière mondiale de 4,9 % en 2027, un facteur susceptible de peser sur les prix à moyen terme.




