Ponts-bascules réparés, laboratoire du CEEC rouvert, premier camion pesé : le ministre des Mines a remis en marche, ce lundi 26 octobre, une infrastructure inaugurée en 2023 et restée longtemps à l’arrêt. Un geste en direction des coopératives, au moment où l’État durcit le contrôle des sites miniers du Lualaba.
Le premier camion est monté sur la balance ce lundi. À Musompo, en périphérie de Kolwezi, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a assisté à la reprise des opérations des ponts-bascules et du laboratoire du Centre d’évaluation, d’expertise et de certification (CEEC). Inauguré en 2023 par le président Félix Tshisekedi, ce centre était resté plusieurs années sans fonctionner. Son redémarrage s’accompagne du lancement des opérations d’échantillonnage et d’analyse des minerais.

Arrivé la veille dans le chef-lieu du Lualaba, le ministre a consacré la journée à une mission de terrain. Elle intervient une semaine à peine après les manifestations violentes des creuseurs artisanaux, qui avaient paralysé plusieurs quartiers de Kolwezi les 19 et 20 octobre.
Une montée en puissance progressive
Le centre ne tourne pas encore à plein régime. Le ministère reconnaît que des difficultés techniques persistent et font l’objet d’ajustements. Sa capacité nominale est estimée à 250 camions par jour, un objectif qui ne sera atteint que progressivement.
L’enjeu dépasse la technique. Pour les coopératives minières, le pesage et l’analyse sont au cœur de la négociation avec les acheteurs : une balance défaillante ou une teneur sous-évaluée se traduisent directement par un manque à gagner. Louis Watum a insisté sur la nécessité de garantir des conditions de commercialisation transparentes, reposant sur un pesage fiable, des analyses de qualité et une juste valorisation des minerais, sous-produits compris.
Le ministre a demandé aux responsables du site un suivi quotidien du fonctionnement du centre, une évacuation facilitée pour les camions en règle et l’élaboration d’un plan de gestion durable de l’infrastructure. Objectif affiché : permettre aux exploitants artisanaux congolais de percevoir la juste valeur de leur production.
Démilitariser les sites miniers

Le ministre s’est ensuite rendu à la direction provinciale de la Direction générale de migration (DGM). Il y a tenu une séance de travail avec la commission interservices, élargie pour l’occasion à la magistrature militaire et au ministère des Mines.
Cette commission a deux missions : coordonner la démilitarisation des sites miniers occupés par des hommes en uniforme et renforcer l’encadrement de l’exploitation artisanale à travers les zones d’exploitation artisanale (ZEA). Elle a présenté son dispositif opérationnel au ministre, qui l’a encouragée à poursuivre son travail afin de restaurer l’autorité de l’État sur le secteur.
Contrôler d’un côté, offrir un débouché de l’autre

C’est cette même commission dont les contrôles dans les entités de traitement et les comptoirs d’achat avaient déclenché la colère des creuseurs la semaine dernière. Les manifestants dénonçaient alors des difficultés à écouler leur production. Barricades, pillages et affrontements avaient suivi, notamment à l’entrée de Kamoto Copper Company (KCC), avant un retour au calme le 21 octobre.
Dans la foulée, le ministre avait suspendu, par arrêtés du 21 octobre, le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo, ainsi que son directeur provincial au Lualaba, Georges Nyembo Kitungwa. Il leur est reproché de ne pas avoir empêché l’exploitation artisanale illicite dans des concessions attribuées à des sociétés minières.
La relance de Musompo apparaît ainsi comme l’autre versant de la politique d’assainissement : un circuit de vente officiel et vérifiable pour les artisanaux, au moment où l’État ferme les canaux informels. Son efficacité se mesurera à deux conditions. Le centre doit tenir la cadence promise, et les creuseurs doivent disposer de zones d’exploitation légales où produire. Sur ce second point, les attentes restent fortes : à Kolwezi, les creuseurs réclament la mise en œuvre de 33 ZEA, et celle promise à Luilu après les manifestations n’a pas encore de calendrier.
MINES.CD




