Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, l’exploitation aurifère continue de produire de lourdes conséquences humaines. La société civile provinciale dénonce l’abandon de nombreux puits d’or par des entreprises minières chinoises dans la région de Nia-Nia, transformant certaines localités en zones à haut risque.
Selon Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile provinciale, 49 enfants ont perdu la vie entre 2022 et 2023 dans le seul groupement Ngayo, en chefferie des Bandaka, après être tombés dans des excavations laissées ouvertes et non sécurisées.
Des puits devenus pièges mortels
Ces fosses, creusées pour l’exploitation de l’or, seraient restées béantes après le départ des opérateurs. « La loi est claire, mais elle n’est pas respectée. Les puits d’or doivent impérativement être rebouchés après exploitation afin d’éviter les accidents », a déploré Dieudonné Lossa.
Le Code minier de la République démocratique du Congo impose pourtant aux exploitants la réhabilitation des sites après la fin des activités, notamment pour prévenir les risques environnementaux et humains.
Accusations de violations environnementales et sociales
Au-delà des pertes en vies humaines, la société civile pointe également de graves manquements environnementaux et sociaux. Elle évoque notamment la déforestation, la pollution des cours d’eau par des produits chimiques utilisés dans le traitement de l’or, ainsi que des conditions de travail précaires pour les ouvriers locaux, parfois sans contrat formel ni garanties sociales.
Ces accusations alimentent un climat de tension entre les communautés locales et certaines entreprises étrangères opérant dans la zone.
Appel à l’intervention de l’État
Face à l’ampleur du drame, la société civile de l’Ituri appelle les autorités congolaises à renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi des activités minières. Elle estime que l’application stricte des textes légaux et des obligations environnementales constitue une urgence.
Pour les populations de Mambasa, l’intervention des services compétents est jugée indispensable afin de prévenir de nouveaux accidents et d’assurer la protection des communautés vivant à proximité des sites miniers.
Azarias Mokonzi




