L’or s’impose plus que jamais comme le moteur des exportations ougandaises. Selon le ministère des Finances, cité par Reuters, les recettes tirées des exportations de marchandises ont enregistré une hausse spectaculaire de 77,6 % en janvier 2026, atteignant 1,5 milliard de dollars, contre 844,6 millions à la même période l’an dernier.
Au cœur de cette performance, le métal jaune domine largement. L’Ouganda confirme son statut de hub régional de raffinage et de négoce de l’or, une position consolidée ces dernières années grâce à l’intensification des activités de transformation et de réexportation.
D’après les autorités, la progression des recettes s’explique notamment par « l’accroissement des exportations d’or », aux côtés d’autres produits comme le café, les biens industriels ou encore les produits pétroliers réexportés.
Toutefois, c’est bien l’or qui tire la croissance, dans un contexte international marqué par une forte demande.
La dynamique actuelle s’inscrit dans une tendance globale : plusieurs banques centrales à travers le monde renforcent leurs réserves aurifères afin de diversifier leurs actifs et de réduire leur dépendance aux devises traditionnelles.
Cette ruée vers l’or soutient les prix sur les marchés internationaux et profite directement aux pays exportateurs.
L’année précédente déjà, l’Ouganda avait enregistré des performances remarquables, avec 5,8 milliards de dollars générés par les exportations de lingots d’or, soit une progression de 75,8 % sur un an, selon la banque centrale.
Longtemps dominée par les exportations agricoles — notamment le café, dont l’Ouganda reste le premier exportateur africain —, l’économie ougandaise semble amorcer un tournant stratégique.
L’essor du secteur aurifère redessine progressivement la structure des recettes extérieures du pays.
Ce positionnement n’est toutefois pas sans défis. La dépendance accrue à l’or expose l’économie aux fluctuations des prix internationaux et soulève des questions liées à la traçabilité, à la gouvernance du secteur minier et à la valeur ajoutée locale.
En dépit de ces enjeux, Kampala semble déterminée à capitaliser sur cette manne. Si la tendance se maintient, l’or pourrait durablement s’imposer comme le pilier central des exportations ougandaises, reléguant progressivement les produits agricoles au second plan.
Pierre Kabakila




