Le Cadastre Minier (CAMI), considéré comme la porte d’entrée du secteur minier congolais, veut accélérer sa modernisation numérique afin de simplifier l’accès aux titres miniers et de renforcer le contrôle des concessions sur le terrain. Face à l’envoyé spécial de MINES.CD au congrès annuel du Cobalt Institute à Madrid, Popol Mabolia Yenga a détaillé plusieurs projets de digitalisation destinés à transformer progressivement l’administration minière congolaise entre 2025 et 2030.
Parmi les innovations annoncées figure notamment la possibilité, à terme, pour les investisseurs d’introduire leurs demandes de permis miniers directement en ligne, depuis n’importe quelle province de la RDC ou depuis l’étranger.
« Nous avançons sur la digitalisation et, dans un avenir proche, nous comptons permettre à un requérant, à partir de Bunia ou de l’étranger, de faire directement sa demande en ligne, de la même façon qu’on demande un visa », a expliqué Popol Mabolia.
L’objectif affiché est double : réduire les lourdeurs administratives et améliorer la transparence dans l’octroi des titres miniers.
Une réforme dans un pays confronté aux lenteurs administratives
Dans un pays où les procédures administratives sont souvent jugées lentes et complexes, cette réforme pourrait constituer un tournant majeur pour le climat des affaires dans le secteur extractif. Toutefois, la digitalisation du CAMI ne se limitera pas aux démarches administratives.
L’institution prévoit également de recourir à des drones et à des technologies spatiales afin d’améliorer le contrôle des concessions minières sur le terrain.
« Nous voulons acquérir des drones pour améliorer le contrôle du bornage de nos concessions et, grâce à des images spatiales, voir ce qui se passe sur le terrain », a indiqué le responsable.
Cette technologie pourrait permettre un meilleur suivi des activités minières, notamment dans les zones reculées où les capacités de contrôle de l’État restent limitées.
Le Directeur général du CAMI reconnaît toutefois que cette transformation nécessitera d’importants investissements dans la formation du personnel ainsi que dans les équipements technologiques.
« Il faut former davantage nos agents, acquérir du matériel et nous y arrivons », a-t-il affirmé.
Transparence, traçabilité et attractivité minière
Cette stratégie numérique s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration congolaise, alors que la RDC cherche à attirer davantage d’investissements dans les minerais critiques.
Dans un secteur où la transparence, la traçabilité et la rapidité des procédures deviennent des critères essentiels pour les investisseurs internationaux, la digitalisation pourrait devenir l’un des principaux leviers de compétitivité du secteur minier congolais.
Tout récemment, les publications de la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière ont d’ailleurs salué ces avancées du Cadastre Minier. Leur bulletin du 10 mai 2026 met en avant la plateforme numérique pilote du CAMI pour une meilleure traçabilité des titres, tandis que leur rapport trimestriel d’avril 2026 valide les progrès réalisés en matière de surveillance et de lutte contre la piraterie minière, avec une réduction de 15 % des cas d’exploitation illégale signalés dans les zones digitalisées.
En somme, avec ces annonces, la gestion des titres miniers en RDC s’apprête à connaître une véritable révolution technologique. Entre demandes de permis en ligne et surveillance par drones, le CAMI dessine progressivement les contours d’une administration minière 2.0 à l’horizon 2030.




