L’accord conclu entre les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo (RDC), articulé autour du partenariat « minerais contre sécurité », suscite de plus en plus d’interrogations alors que la situation sécuritaire continue de se dégrader dans l’Est du pays. Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme les zones d’ombre de cet accord entre Washington et Kinshasa.
Intervenant à Nairobi, au Kenya, en marge du forum Africa Forward, Denis Mukwege a vivement critiqué ce partenariat qu’il juge déséquilibré. Selon lui, bien que l’accord ouvre des opportunités aux entreprises américaines dans le secteur minier congolais, il ne produit pas les effets attendus sur le plan sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Pour le médecin congolais, le pays continue de céder ses ressources stratégiques sans obtenir, en retour, les garanties de paix espérées.
« Nous n’avons pas la sécurité. Ce qui pouvait être qualifié au départ de diplomatie transactionnelle ressemble aujourd’hui davantage à de la prédation, puisque nous donnons nos minerais, mais en retour nous ne recevons pas la sécurité souhaitée », a-t-il regretté.
En décembre dernier, Washington et Kinshasa avaient annoncé un accord comprenant un volet de coopération sécuritaire ainsi que des dispositions économiques destinées à faciliter l’accès des entreprises américaines aux ressources minières stratégiques de la RDC.
L’administration américaine avait alors présenté ce partenariat comme une étape majeure susceptible de contribuer à la stabilisation de l’Est du pays tout en favorisant des investissements responsables dans le secteur extractif.
Cependant, sur le terrain, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Plusieurs provinces de l’Est restent le théâtre de violents affrontements opposant les forces armées congolaises à différents groupes armés locaux et étrangers, alimentant les doutes sur l’efficacité réelle du volet sécuritaire de cet accord.
Daniel Bawuna




