La Zambie a annoncé un assouplissement de son interdiction d’exporter de l’acide sulfurique vers la République démocratique du Congo (RDC), à la faveur d’une amélioration des stocks disponibles sur son marché intérieur. La décision a été confirmée par le ministre zambien du Commerce, de l’Industrie et du Développement économique, qui précise toutefois que cette reprise demeure strictement encadrée.
Selon ce responsable gouvernemental, cité par Reuters, les exportations ont été autorisées de manière limitée afin de préserver l’équilibre du marché local, l’acide sulfurique restant un intrant stratégique pour l’industrie minière zambienne. Utilisé dans le processus de lixiviation, ce produit chimique est indispensable à l’extraction du cuivre et du cobalt, deux minerais essentiels aux chaînes mondiales d’approvisionnement.
Les nouvelles autorisations concernent notamment deux importantes installations de production de cuivre en Zambie, qui pourront reprendre leurs expéditions vers la RDC. Un opérateur commercial du secteur chimique a également obtenu un quota d’exportation.
D’après les autorités zambiennes, certaines entreprises minières opérant en RDC, notamment des partenaires liés au groupe Glencore, figurent parmi les bénéficiaires indirects de cette reprise des flux d’approvisionnement.
Le ministre zambien du Commerce a expliqué que cette décision fait suite à une reconstitution progressive des stocks nationaux, permettant ainsi un allègement temporaire des restrictions instaurées en septembre dernier. Il a toutefois averti que le gouvernement restait vigilant et pourrait ajuster les volumes exportés en fonction de l’évolution de la demande intérieure.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par des perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement en produits chimiques dans la ceinture cuprifère d’Afrique centrale, perturbations ayant affecté certaines opérations minières en RDC.
À travers cette mesure, Lusaka affirme vouloir maintenir un équilibre entre la sécurité de son approvisionnement national et ses engagements régionaux, tout en contribuant à la stabilité du secteur minier dans la sous-région.
Pierre Kabakila




