L’exploitation de l’or génère des activités économiques importantes dans le territoire de Luiza. Les communautés locales restent toutefois confrontées à plusieurs difficultés, selon l’enquête menée par le Collectif des Journalistes d’Investigation du Kasaï-Central.
À Kayembe, l’enquête rapporte des retombées communautaires limitées. Le dossier mentionne notamment 500 tôles et 500 000 francs congolais.
À Sankaji, les enquêteurs constatent une exécution partielle du cahier des charges.
Dans plusieurs zones, la population manque toujours d’écoles suffisantes, de centres de santé adéquats et de routes praticables. Cette situation pose une question centrale : où vont les revenus générés par l’or de Luiza ?
Cependant,les communautés vivent au quotidien à proximité des zones d’exploitation. Elles voient les activités minières se développer et attendent des investissements dans les infrastructures et les services sociaux. L’enquête s’intéresse aussi au rôle des coopératives minières, notamment COEMAL, COOEMAC, COOEMAD et COMIDECO.
Les journalistes veulent connaître les véritables bénéficiaires de ces structures, les carrés miniers qu’elles contrôlent, les montants qu’elles perçoivent et les investissements qu’elles réalisent au profit des communautés.
Le rapport demande donc un audit des coopératives. Il appelle également les services compétents à vérifier leurs statuts, leurs actes d’agrément et l’identité de leurs bénéficiaires effectifs. L’enquête s’intéresse aussi à la présence de ressortissants étrangers sur plusieurs sites. Elle précise que leur nationalité n’est pas le problème.
Les journalistes demandent plutôt aux autorités de vérifier leur statut juridique, leurs titres, leurs autorisations et les conditions d’accès aux sites miniers.
À Sambuyi, l’enquête évoque par ailleurs des attestations faisant office de pièce de résidence que des ressortissants étrangers auraient utilisées. Le dossier affirme que ces documents auraient été vendus 1 200 dollars l’unité. Cette information doit encore être vérifiée par les services compétents.
Face à ces différents constats, le Collectif des Journalistes d’Investigation demande plusieurs mesures.
- Les journalistes réclament une enquête judiciaire indépendante sur les flux financiers.
- Ils demandent aussi la vérification des 29 700 dollars évoqués à Sambuyi et de l’accusation relative aux 100 000 dollars dans le dossier LETA MBAVU.
- Ils demandent également un audit des activités et des titres de OXOR CAPITAL, SHASHEM et RECOPANE/REKOPANE.
- Ils réclament enfin un audit des coopératives minières et la publication des recettes générées par l’exploitation de l’or à Luiza.
Le collectif demande aux autorités de vérifier les documents et d’entendre les personnes citées, en précisant que l’enquête journalistique ne constitue pas une condamnation. La justice et les autorités compétentes doivent désormais vérifier les faits et établir les éventuelles responsabilités.
Pierre Kabakila




