Plusieurs familles se retrouvent sans logement à Rubaya, dans le territoire de Masisi, après la démolition de leurs habitations dans le secteur de Chez Rutivumbura, à proximité de la zone minière. Des sources locales citées par Radio Okapi évoquent près d’une centaine de maisons détruites depuis le 12 août 2026.
Des habitations démolies à proximité des mines
Les opérations de démolition auraient débuté mercredi 12 août 2026 dans le secteur de Chez Rutivumbura et se poursuivaient encore samedi 15 août, selon des informations rapportées par Radio Okapi.
Des sources locales citées par le média estiment à près d’une centaine le nombre d’habitations déjà détruites. Plusieurs familles se retrouvent ainsi privées de logement, dans une zone où l’exploitation minière occupe une place centrale dans l’économie locale.
Des responsables de l’AFC/M23, qui contrôle actuellement Rubaya, auraient demandé aux habitants de quitter leurs maisons. Les raisons officielles de cette décision n’ont toutefois pas été clairement communiquées.
Une opération qui alimente les interrogations
Des proches des familles concernées évoquent une possible extension de la zone d’exploitation du coltan. Le secteur visé se trouve en effet à proximité du principal site minier de Rubaya.
Cette hypothèse n’a cependant pas été officiellement confirmée. Elle alimente néanmoins les inquiétudes des habitants, qui contestent les conditions dans lesquelles les démolitions sont menées.
Selon les personnes affectées, aucune solution de relogement ou d’indemnisation ne leur aurait été proposée avant leur expulsion.
Rubaya, entre exploitation minière et précarité
La situation intervient dans un contexte particulièrement sensible à Rubaya, important centre d’exploitation du coltan dans l’est de la RDC. Le secteur est contrôlé par l’AFC/M23 et demeure au cœur d’importants enjeux sécuritaires, économiques et humanitaires.
Les activités minières y présentent par ailleurs des risques considérables pour les populations. Plusieurs accidents liés notamment aux glissements de terrain ont déjà endeuillé la zone. En mars 2026, le gouvernement congolais avait encore alerté sur les conséquences de l’exploitation minière illégale dans le périmètre de Rubaya, classé comme « zone rouge ».
La proximité entre les habitations et les sites d’exploitation constitue également un enjeu ancien. Une étude universitaire consacrée à Rubaya souligne l’importance de l’activité minière dans les revenus des ménages locaux et son étroite articulation avec l’agriculture.
La protection des civils au cœur des préoccupations
Pour les familles touchées, la priorité est désormais de trouver une solution à leur situation de logement. Les nouvelles démolitions pourraient accentuer la précarité d’une population déjà confrontée aux conséquences de l’insécurité et de l’instabilité économique.
Elles relancent surtout les interrogations sur la gestion des espaces situés autour des zones minières sous contrôle de l’AFC/M23, ainsi que sur la protection des droits des populations civiles.
À Rubaya, la question minière ne se limite donc plus à l’exploitation du coltan. Elle touche directement à l’accès à la terre, au logement, à la sécurité des populations et à la manière dont les ressources naturelles sont gérées dans un territoire échappant au contrôle de Kinshasa.
Pierre Kabakila




