Le gouvernement congolais veut vérifier la composition de certains lots d’hydroxyde de cobalt exportés depuis la République démocratique du Congo, après la publication d’une étude faisant état de la présence d’uranium dans ces produits. Le ministère des Mines annonce des analyses contradictoires afin d’établir les faits et de déterminer si les normes applicables aux exportations minières ont été respectées.
Le dossier prend une nouvelle dimension. Après la publication d’une étude signalant la présence d’uranium dans certains lots d’hydroxyde de cobalt exportés depuis la RDC, les autorités congolaises annoncent une vérification de la composition des produits concernés.
Dans un communiqué publié vendredi 21 août, le ministère des Mines indique que des contre-analyses seront réalisées afin de confronter les résultats disponibles et d’établir avec précision les éventuelles teneurs en uranium présentes dans les lots mis en cause.
Des analyses pour établir les faits
Pour Kinshasa, l’enjeu est d’abord de disposer de données scientifiques suffisamment solides avant de tirer des conclusions sur la conformité des produits exportés.
Les analyses annoncées doivent notamment permettre de déterminer si la présence d’uranium relevée dans l’étude est effectivement avérée, à quelles concentrations et dans quelles conditions elle se retrouve dans les produits concernés.
Le gouvernement entend ainsi répondre aux interrogations suscitées par ces révélations sans préjuger des résultats de la procédure de vérification.
Une présence liée à la géologie de la Copperbelt
Les autorités congolaises rappellent par ailleurs que l’uranium peut être naturellement associé aux gisements de cuivre et de cobalt exploités dans le Lualaba et le Haut-Katanga.
Cette particularité géologique est connue des services miniers congolais. Pour Kinshasa, la présence éventuelle d’uranium dans certains minerais ne suffit donc pas, à elle seule, à établir l’existence d’une irrégularité ou d’une volonté de dissimuler la composition des produits exportés.
La question centrale porte désormais sur les teneurs effectivement présentes, leur conformité aux normes en vigueur ainsi que sur les procédures appliquées lors de l’exploitation, du traitement et de l’exportation des produits concernés.
Le gouvernement veut s’en tenir aux résultats scientifiques
En annonçant ces contre-analyses, le ministère des Mines cherche à établir les faits sur une base scientifique avant toute éventuelle prise de position définitive.
Les résultats de cette vérification devraient permettre de préciser la composition des lots concernés et, le cas échéant, de déterminer si les opérateurs impliqués ont respecté les exigences réglementaires applicables aux exportations minières.
Le dossier reste donc ouvert, dans l’attente des résultats des analyses annoncées par les autorités congolaises.
Pierre Kabakila




