Le cuivre reste proche de ses sommets malgré une semaine de repli, après la fin des tensions sociales au Chili. Le cobalt digère une forte correction, sur fond de hausse des exportations congolaises. L’or se maintient autour de 4 200 dollars l’once.
Cuivre : rebond vendredi, repli sur la semaine. Vendredi, le cuivre à trois mois a gagné 0,5 % sur le London Metal Exchange, à 14 498 dollars la tonne, porté par un dollar plus faible.
Il rebondissait ainsi d’un plus bas de près de deux semaines. Sur l’ensemble de la semaine, il termine néanmoins en baisse : l’apaisement des conflits sociaux au Chili a réduit les craintes sur l’offre, et la remise en question des investissements dans l’intelligence artificielle a pesé sur les perspectives de demande. Le record historique date du 9 septembre, à 14 940 dollars la tonne.
Chili : les deux grèves écartées. BHP a évité une grève des superviseurs à Escondida, la plus grande mine de cuivre du monde, grâce à un accord approuvé le 14 octobre. Escondida a produit 1,345 million de tonnes en 2025. Ce dimanche, les syndicats de Centinela ont ratifié à 94,49 % un nouvel accord avec Antofagasta Minerals, mettant fin à plus d’une semaine de grève. Plus de 700 travailleurs étaient en grève depuis le 7 octobre. Antofagasta affirme avoir maintenu une production normale pendant le conflit. Ces deux dossiers avaient soutenu les cours. La production chilienne reste toutefois en recul de 7,7 % sur les huit premiers mois de l’année.
Cobalt : correction de 31 %. Selon Benchmark Mineral Intelligence, le prix de l’hydroxyde de cobalt (CIF Asie) a chuté de 31 % au troisième trimestre, à 17,25 dollars la livre, soit environ 38 030 dollars la tonne. Le sulfate de cobalt en Chine a perdu près de 30 %. Le prix spot est passé d’environ 56 300 dollars la tonne début juillet à 39 140 dollars fin septembre.
Pourquoi le cobalt baisse. Les exportations congolaises ont augmenté dans le cadre des quotas, passant de 17 053 tonnes au premier trimestre à 24 086 tonnes au deuxième, alors que la demande en aval restait faible. Pour la RDC, cette baisse réduit les recettes d’exportation et les redevances attendues.
Que peut faire l’ARECOMS ? Le système prévoit 96 600 tonnes d’exportations par an en 2026 et 2027, dont 87 000 tonnes pour les producteurs et 9 600 tonnes de quota stratégique. Le régulateur s’est réservé le droit d’ajuster les volumes chaque trimestre en cas de déséquilibre important du marché.
En août, son président Patrick Mpoyi Luabeya n’excluait pas une baisse des quotas, tout en indiquant qu’aucune modification n’était prévue à court terme. Fin juin, l’ARECOMS avait déjà annulé les allocations du deuxième trimestre non expédiées à temps.
Or : stable autour de 4 200 dollars. Le métal jaune évolue autour de 4 200 dollars l’once ce lundi, en légère hausse par rapport à vendredi, soutenu par le recul des rendements américains.
Enjeu pour la RDC. Premier producteur mondial de cobalt et deuxième de cuivre, le pays dépend fortement de ces cours pour ses recettes publiques. La Banque centrale veut justement profiter du haut de cycle du cuivre pour renforcer ses réserves.




