Alors que l’attention de la communauté internationale reste largement focalisée sur les affrontements impliquant le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une autre menace continue de peser sur les populations et l’activité économique dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont notamment étendu leurs activités dans des zones minières du territoire de Mambasa, faisant peser de nouveaux risques sur les populations, les exploitants artisanaux et les chaînes d’approvisionnement locales.
Cette évolution a été évoquée devant le Conseil de sécurité des Nations unies. James Christopher Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, a fait état de la persistance des violences des ADF dans l’est du pays. Les rapports des Nations unies font notamment état d’une expansion des ADF dans les zones d’exploitation et de négoce de l’or à Mambasa.
« Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, ont intensifié leurs activités […] notamment en ciblant des sites miniers », a déclaré James Swan devant le Conseil de sécurité.
Les zones minières de plus en plus exposées
La progression des ADF dans les zones minières met en évidence la vulnérabilité des populations et des activités économiques dans les territoires affectés par le conflit.
À Mambasa, les Nations unies ont documenté ces dernières années une extension des activités des ADF vers les zones d’exploitation et de commercialisation de l’or. Le groupe armé est également accusé d’être responsable de nombreuses attaques contre les civils dans l’Ituri et le Nord-Kivu.
La présence de groupes armés dans ces espaces constitue un risque pour les exploitants et les communautés locales. Elle peut également favoriser les prélèvements illégaux, le racket et le contrôle des circuits économiques liés aux ressources naturelles. Ces éléments doivent toutefois être documentés au cas par cas afin d’établir précisément les mécanismes de financement des groupes armés.
Un défi persistant pour les dispositifs sécuritaires
Cette situation intervient alors que l’Ituri et le Nord-Kivu ont été placés sous le régime de l’état de siège en mai 2021. Depuis 2023, les autorités congolaises ont engagé un dispositif transitoire et graduel visant notamment au rétablissement progressif de l’autorité civile dans certaines entités sécurisées.
Malgré ces dispositifs, les violences des ADF restent documentées dans plusieurs territoires de l’Ituri et du Nord-Kivu. En mai 2026, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme relevait notamment une intensification des attaques contre les civils attribuées aux ADF dans les territoires de Mambasa et de Beni.
Le groupe avait déjà étendu son rayon d’action vers les zones minières de Mambasa, comme l’avaient relevé les rapports des Nations unies. Cette progression contribue à accroître la pression sur des territoires où l’exploitation artisanale de l’or constitue une importante source de revenus pour une partie de la population.
Sécuriser les sites et les corridors économiques
Pour les opérateurs économiques comme pour les populations locales, la sécurisation des zones minières constitue donc un enjeu à la fois sécuritaire et économique. La protection des travailleurs, des communautés et des axes d’évacuation des minerais apparaît également nécessaire pour limiter l’emprise des groupes armés sur les activités économiques locales.
Dans un contexte où les ADF continuent de représenter une menace dans l’Ituri et le Nord-Kivu, la sécurisation des zones d’exploitation ne peut être dissociée de la protection des populations civiles et du rétablissement durable de l’autorité de l’État dans les territoires affectés.
Azarias Mokonzi




