L’élévation de Sebastiaan Bock à la tête des activités de Barrick hors d’Amérique du Nord confirme une stratégie fondée sur des dirigeants proches du terrain, capables de conjuguer performance industrielle, gestion des parties prenantes et création de valeur durable. En RDC, Kibali illustre particulièrement cette approche.
L’annonce, faite le 11 août 2026, de la promotion de Sebastiaan Bock au poste de Chief Executive, Rest of World, lui confie la responsabilité des activités de Barrick en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique. Entré chez Barrick en 2019 en tant que responsable financier pour l’Afrique et le Moyen-Orient, puis nommé à la direction opérationnelle de cette région en juillet 2022, il a été associé à plusieurs dossiers stratégiques, notamment l’expansion de Lumwana, la situation au Mali, la performance de Kibali ainsi que la croissance des réserves de Loulo-Gounkoto et de Bulyanhulu.

Cette nomination illustre une culture managériale qui valorise des dirigeants issus à la fois de la finance et des opérations, capables de comprendre les réalités des pays hôtes. Barrick entend également renforcer sa coopération avec des partenaires chinois à travers des coentreprises, des investissements communs, des chaînes d’approvisionnement et l’accès aux technologies.
Dans le contexte africain, cette stratégie suppose de tenir compte de la souveraineté des États, du contenu local, de la protection de l’environnement, du développement communautaire et des relations avec les gouvernements.
Cependant, en RDC, ce modèle prend particulièrement forme à Kibali Gold Mine, dans le Haut-Uele. Détenue à 45 % par Barrick, à 45 % par AngloGold Ashanti et à 10 % par la SOKIMO, la mine est exploitée par Barrick et présentée comme un actif stratégique combinant production, exploration, innovation technologique, transition énergétique et engagement communautaire.
En juillet 2025, le groupe indiquait que l’exploration sur le corridor ARK-KCD continuait de renforcer le potentiel de nouvelles ressources, tandis que la part d’énergie renouvelable atteignait 85 %, grâce notamment à une centrale solaire de 16 MW et à un système de stockage par batteries.
Le rôle de Cyrille Mutombo, Country Manager de Barrick en RDC, est essentiel dans ce dispositif. Il incarne la mise en œuvre locale des orientations du groupe, en assurant le dialogue avec les autorités, les communautés et les fournisseurs. Barrick affirme également que les paiements versés aux entrepreneurs et fournisseurs locaux depuis 2010 ont atteint près de 2,7 milliards de dollars, que 41 des 44 projets financés à Kibali via le fonds communautaire de 0,3 % avaient été achevés en 2025, et que 170 employés avaient suivi des formations de la Barrick Academy au deuxième trimestre de la même année.

Au final, Kibali dépasse le cadre d’une simple mine d’or. De surcroît, elle sert de laboratoire à un modèle dans lequel la performance minière doit également laisser un héritage économique et social durable.
La question est désormais de savoir si le tandem entre Sebastiaan Bock et Cyrille Mutombo permettra à Barrick de transformer ses performances opérationnelles en une valeur durable pour la RDC.




